Quand la Mini n'a plus rien de mini

Thomas DROUART      24 Septembre 2015       Actualité

Quand la Mini n'a plus rien de mini

Au même titre que la Porsche 911 ou la Ford Mustang, la Mini fait figure de grand-mère. Depuis 1959 précisément, la petite anglaise n'a cessé de séduire hommes et femmes pour sa ligne et/ou pour ses performances et tenue de route plaisantes.

La Mini, c'est une longue histoire. Débutée par le constructeur BMC puis Austin, Rover et enfin BMW de nos jours. Mais celle qui se caractérisait par ses dimensions très compactes a pris un sérieux coup à l'égo en augmentant significativement de volume. Malgré la volonté de la marque, l'image continue de décevoir les amateurs de la première génération.


La fausse renaissance

La première Mini, vendue jusqu'en 2000, avait su conserver son gabarit et sa philosophie.

La première Mini, vendue jusqu'en 2000, avait su conserver son gabarit et sa philosophie.

Quand BMW a racheté Mini (en 1994), la volonté de développer un nouveau modèle plus moderne était bien là. Il faudra attendre 7 ans pour qu'apparaisse en 2001 celle qui se fait appeler "la nouvelle Mini". Dès lors, il fallait conquérir un public en recherche d'une réincarnation de la Mini originelle, ce qui n'est pas simple à cause des normes en vigueur, notamment celles liées à la sécurité. Inéluctablement, le modèle fraichement commercialisé est nettement plus volumineux mais avec un style très nettement inspiré par sa prédécesseuse.

L'unique carrosserie 3-portes, dans la continuité de la Mini depuis 1959, connaît un succès dépassant les espérances et rapidement BMW comprend qu'il faut exploiter le filon. Naîtront différentes déclinaisons, dont un cabriolet et des versions sportives... Et diesel.



L'effet Mini

Le Mini Clubman de 2015 face à son ancêtre.

Le Mini Clubman de 2015 face à son ancêtre.

La gamme reçoit de nouvelles déclinaisons, dont un coupé, un roadster. Jusque-là, l'ensemble reste cohérent. Vient ensuite le break Clubman, inspiré par la Mini originelle du même nom, caractérisé par ses deux portes arrières battantes. L'esprit était encore là. Puis viennent les versions 4x4, à l'image des Countryman et Paceman, qui laissent voir que la marque est tombée dans la recherche de bénéfice exclusivement, faisant de la Mini un produit déclinable à l'infini.

Il ne semble pas illégitime de se demander pourquoi ces modèles qui n'ont rien de Mini ont reçu le nom originelle. On comprend bien vite que l'unique raison est qu'il fait vendre. Rouler en Mini, c'est tendance. Qu'importe si un Countryman est dans l'esprit Mini ou non. Seul le logo prime et l'originalité apporté en 2001.


La décadence

Source photo : Caradisiac.com

Source photo : Caradisiac.com

Personne n'a à déterminer ce qu'est la taille maximale d'une Mini (...) malgré le nom Mini, les modèles ne doivent pas être nécessairement compacts. La firme n'impose pas de limitation à ses équipes de ce côté-là.

Sebastian Mackensen, vice-président Mini

La Mini de troisième génération sous l'ère BMW date de 2014. Malgré un style plus proche de la Mini originelle, de nouveaux éléments viennent ternir le tableau. Les dimensions continuent d'augmenter, au point que l'on croirait volontiers à un problème d'échelle en mettant côte à côte l'ancienne et la nouvelle.

Pour la première fois, une déclinaison 5 portes est commercialisée. Le concept Spiritual Twoo le préfigurait déjà avant même le lancement de la BMW Mini en 2000 mais il n'avait pas été donné de suite puisque cela dénaturait l'essence même de la Mini. Pire encore, le Clubman de 2015 marque une nette cassure avec son prédécesseur, affichant 4 portes latérales et deux portes arrières... Mais il intègre les feux arrières d'une manière assez discutable. Une version longue devrait même rejoindre la gamme d'ici quelques temps. Que reste-t-il à la Mini ? Plus grand chose...


Commentaires