Que cache le choix d'un SUV ?

Thomas DROUART      26 Septembre 2015       Vie pratique Guide d'achat

Que cache le choix d'un SUV ?

La grande mode depuis quelques années, c'est les SUV. Petits ou grands, 2 ou 4 roues motrices, ces modèles n'en finissent plus de prospérer... Et de polluer ! Sur le papier, ils n'ont rien pour eux : capacités de franchissement généralement pas meilleures qu'un monospace, surconsommation, prix élevé... Mais pourquoi sont-ils si appréciés ?


Bien plus qu'un phénomène de mode, les SUV sont sujets à polémique. On leur reproche des consommations élevées mais aussi le fait de n'être exploités que comme des voitures "classiques", rendant leur côté baroudeur purement esthétique. Ou inesthétique pour certains. Nous avons mené l'enquête au cœur de ces carrosseries hautes.
 


Le SUV...

Que cache le choix d'un SUV ?

La définition du Sport Utility Vehicle (ou SUV) est un peu floue. Elle désigne des véhicules au volume intérieur généreux, souvent surélevés, à 2 ou 4 roues motrices et prennent généralement la forme de ce qu'on qualifie plus communément de 4x4. Le SUV se caractérise par une carrosserie bicorps, à ne pas confondre avec les SUT à carrosserie tricorps, fréquemment assimilés aux pick-ups. Le premier modèle assimilé SUV fut le Jeep Wagoneer de 1963, depuis, le succès de ce type de carrosserie n'a cessé de croître.


Un incroyable essor

Que cache le choix d'un SUV ?

En France, le succès des SUV n'est plus à démontrer. Il y a dix ans encore, les gammes des constructeurs étaient assez limitées et il fallait s'adapter au modèle qui correspondait le plus à nos attentes. Aujourd'hui, c'est le phénomène inverse qui se produit : les SUV sont omniprésents et il y en a clairement pour tous les goûts. Des durs à cuire increvables comme le Mercedes Classe G jusqu'aux imitations de 4x4 ultrapersonnalisables comme le Renault Captur en passant par les tenors du segment, à l'image du Jeep Cherokee.

Mais ce n'est pas tout, cette ampleur se vérifie dans le top des ventes avec pour le mois de juin 2015, le Renault Captur en seconde position et le Peugeot 2008 en cinquième. Cela traduit bien l'engouement du public pour ce secteur, autrefois apanage des monospaces aux abords des années 2000 puis des compactes et citadines plus récemment. C'est certain, l'automobile telle qu'on la connaît est en pleine mutation et les SUV ne sont pas prêts de s'éteindre, malgré que Renault compte entamer "l'après SUV" avec son Scénic 4.


Tous les constructeurs s'y mettent

Que cache le choix d'un SUV ?

C'est un fait : le SUV est présent chez la majorité des constructeurs automobiles. Nos trois constructeurs tricolores ont chacun tenté leur chance avec plus ou moins de succès, ainsi que les constructeurs premium et les généralistes. Les marques réputées haut de gamme s'y essaient même successivement, menées par Porsche dès 2002, puis Bentley avec le Bentayga, Jaguar avec le F-Pace et Cadillac qui revient avec le XT5.

L'originalité pour se démarquer dans un segment pas vraiment excitant, les constructeurs l'essaie. Renault, par exemple mise sur la personnalisation pour toucher un public large, Lexus joue la carte de l'hybridation tandis que Porsche vante son image de marque. Mais pour beaucoup d'autres, le bilan est plus mitigé, il faut alors compenser par un design, des équipements qui n'ont pour seul objectif que d'essayer de faire passer le véhicule pour "sympthique".


Monter dans l'échelle sociale ?

Que cache le choix d'un SUV ?

Le SUV a toujours été vecteur d'une certaine image. Autrefois, il avait un côté aventurier. Maintenant, c'est beaucoup moins le cas. Imagineriez-vous un Peugeot 2008 gravir l'Everest ? La réponse est non pour 95 % des SUV. Mais cela n'importe pas la majorité des clients de ce type de véhicule puisqu'un point compte plus que tous les autres : grimper dans l'échelle sociale, tout du moins en le montrant. Le SUV impose par sa hauteur et son style assez trapu (et encore, c'est relatif) et permet d'impressionner.

Mais avec la démocratisation des SUV à bas prix, l'image en prend un sérieux coup. Et si un Hummer H2 ou un Mercedes Classe G impressionne par sna grandeur ou se prestance (c'est relatif, aussi), un Fiat Sedici ou une Citroën C4 Cactus n'inspire pas franchement la richesse. Pire encore, ils cumulent les défauts d'un 4x4 sans en avoir les avantages.


Que valent-ils ?

Que cache le choix d'un SUV ?

Habitabilité : Longtemps, ce fut la caractéristique principale de ces véhicules. Aujourd'hui, c'est plus confus. De nombreux modèles ont un intérieur sacrifié sur l'autel du design et de ses contraintes. Mieux vaut donc se renseigner attentivement sur la place à bord avant même de succomber à l'achat d'impulsion.

Motorisation : Les moteurs employés sous les capots des SUV sont ceux issus directement du reste de la gamme. Ils conviennent donc assez correctement à condition d'éviter les entrées de gamme. Ils sont souvent proposés avec des moteurs essence, diesel, hybride ou plus rarement électriques.

Prix : Affichés plus chers que les monospaces, les SUV n'ont rien de bon marché. Et ce n'est pas l'équipement qui compensera. Les quelques centimètres gagnés en hauteur sont donc très chers payés.

Pollution : L'horreur. Plus haut et moins aérodynamique, les SUV polluent davantage qu'un monospace ou qu'une berline. Ce n'est pas les motorisations dîtes propres qui rattrapent la donne puisque les émissions polluantes demeurent bel et bien là.

Tout-terrain : La majorité est incapable de franchissement et ne ferait guère mieux qu'un monospace. Cela ne concerne pas tous les modèles bien entendu, mais les modèles 4x2 par exemples. En prime, leur poids plus élevé les restreint, en particulier les versions diesel en raison d'un poids très important sur l'essieu avant.


Pourquoi les fuir ?

Que cache le choix d'un SUV ?

Les SUV ne sont pas à fuir, certainement pas. Il y a de très bons modèles disposant de spécificités tandis que d'autres sont de pures produits marketing. Voici quelques questions à se poser avant d'en acheter un et qui portent à réflexion :

• Pourquoi prendre une Sandero Stepway plutôt qu'une Sandero classique, sachant qu'elle consomme plus, est plus chère, est plus sujette à la prise au vent, accélère moins fort et reçoit en plus un faux kit de baroudeuse sans en avoir les capacités ?

• Le Renault Captur est-il vraiment avantageux ? Qu'a-t-il de plus qu'une Clio si ce n'est une garde au sol aussi élevée que son surcoût ?

• Un SUV à 2 roues motrices n'est-il pas totalement ridicule alors qu'un "simple" monospace ferait le même travail ?

• Un SUV pour aller au travail et en roulant 80 % du temps tout seul, est-ce bien raisonnable ?

• Ai-je conscience de l'impact environnemental d'acheter un SUV, surtout si c'est un diesel ?

• Est-ce vraiment beau d'avoir ce qui ressemble à un 4x4 qui n'en a que le prix à défaut des aptitudes ?



Avoir un SUV en 2015

Que cache le choix d'un SUV ?

Rouler en SUV en 2015 peut répondre à un besoin... Mais dans la plupart des cas, l'achat est uniquement dicté par des convictions personnelles et un certain narcissisme. Certains ne voient que par ce type de carrosserie et ses aspects pratiques mais oublient l'essentiel : cela pollue davantage, le volume est rarement pleinement utilisé et surtout : cela consomme plus. Et ceux qui résolvent le dernier point en prenant un diesel en sont les pires.

Le SUV devrait continuer de prospérer encore pas mal d'années, malgré une image qui commence à se ternir et des constructeurs qui envisagent de toiletter le segment. Mais l'impact est bien réel : les SUV sont omniprésents et sous leurs multiples et toxiques dérivés : crossovers, monospace surélevé, citadines et compactes "baroudeuses"...

Mais alors, reste-t-il un réel intérêt à cette catégorie de modèles surfaîte ?


Commentaires