Histoires de constructeurs automobiles #6

Thomas Drouart      24 Juin 2016       Actualité Informations Histoires de constructeurs

Histoires de constructeurs automobiles #6

Pour beaucoup, créer sa propre marque de voiture est un vieux rêve. Certains l'ont concrétisé. Je vous propose de découvrir l'histoire pas comme les autres de constructeurs automobiles. De leur passion, de leur détermination mais aussi de leur caractère ! Et vous, avez-vous l'âme d'une de ces personnes ?
 

Dans chaque article Histoires de constructeurs, vous découvrirez le portrait de fondateurs de quatre marques automobiles. Ces hommes et ces femmes sont parvenus à concrétiser leur rêves... Le plus intéressant est de connaître leur motivation et le pourquoi. Vous le verrez, il y a parfois des surprises ! Dans ce sixième numéro, les portraits des auteurs des marques Alpine, Bugatti, Bentley et Lotus.

Histoires de constructeurs automobiles #6

Dates
Né le 17 mai 1922 à Dieppe et mort le 10 août 2007 à Paris.

Sa passion
La passion pour l'automobile de Jean Rédélé semble presque innée. Diplômé en commerce, il devient le plus jeune concessionnaire Renault de France. Dès 1950, à 28 ans, il effectue son premier rallye au volant d'une 4CV améliorée. Il décroche une belle victoire. La première d'une longue série, ce qui le conduisit en tant que pilote d'usine. Toujours sur 4CV, dont il vante les mérites et les optimisations possibles, il participe aux Mille Milles et même au rallye de Monte-Carlo. En mars 1955, il crashe accidentellement sa 4CV de compétition. C'est alors qu'il prend une décision qui changera sa vie...

Sa marque
Dès 1952, Jean Rédélé commence à concevoir des coupés sur base de 4CV. Séduit par cette base, il réalise différentes esquisses. Un de ses modèles sera même exposé à New York mais n'aura pas le succès escompté. Mais l'homme n'en démord pas et crée dès 1955, Alpine, en hommage aux routes alpines qu'il aimait tant arpenter. Ses premiers modèles à succès apparaissent, avec toujours la Renault 4CV comme base technique. L'Alpine A110 de 1962 est représentative de son travail : un petit moteur tonique et un poids très contenu. Les modèles seront distribués par le réseau Renault dès 1965. Des Alpine prendront même place aux 24 Heures du Mans, comme la M64. Sacré champion du monde des rallyes, Alpine continuera son ascension jusqu'en 1972, date à laquelle des grèves paralysent l'activité. Jean Rédélé s'en retire alors.

Ses secrets pour réussir
Ce fut tout d'abord l'histoire d'une rencontre, celle de travailler chez Renault et d'avoir eu la chance de pouvoir piloter une 4CV en compétition. Mais aussi une bonne part d'audace, malgré les difficultés. Ce qui a fait la différence, c'est sa passion dévorante pour l'automobile, qui l'a conduit à toujours repousser ses limites et croire en ses rêves.


Anecdote
Chez Alpine, il n'y avait pas de designer. Rédélé donnait ses consignes et ses collaborateurs exécutaient des maquettes. Le patron d'Alpine n'avait plus qu'à choisir ce qui lui semblait le plus pertinent et lancer la production.


Citation
Jean Rédélé rencontra Charles de Gaulle. Quand ce dernier lui demanda le rôle d'Alpine, Rédélé répondit "À faire hisser les couleurs de la France, mon général". Il aimait profondément son pays.

Histoires de constructeurs automobiles #6

Dates
Walter Owen Bentley est né le 16 septembre 1888 et mort le 2 août 1971.

Sa passion
Dès son plus jeune âge, Walter O. Bentley est un féru de mécanique. Il s'intéresse par ailleurs d'abord au domaine ferroviaire, alors en plein développement au début du XXème siècle. Il intègre dès ses 16 ans une compagnie ferroviaire. Il possède plusieurs motos et achète sa première voiture, qui finit par le passionner. Avec son frère, ils décident d'ouvrir un garage où ils importent de petites voitures sportives en les améliorant. Les gains en performance sont significatifs et le nom Bentley commence à se faire connaître dans les années 1910. Son savoir-faire intéresse également l'aviation où il y applique ses préceptes. C'est après la première Guerre Mondiale que ses premières créations voient le jour.

Sa marque
Bentley Motors naît en 1919. Ses modèles, au style unique, plaisent et réalisent de beaux palmarès en compétition, notamment pendant les 24 Heures du Mans. Les Bentley deviennent alors des modèles emblématiques, gages de prestige, d'excellence et de sportivité. Mais le contexte économique est défavorable, notamment à cause du Krach de 1929 et dès 1931, Bentley est placée en liquidation judiciaire. C'est Rolls Royce qui en prendra possession. Une situation difficilement acceptable pour Walter O. Bentley qui quitte sa propre marque pour rejoindre Lagonda. Il réalisera avec succès la V12. Il continuera sa carrière en tant que motoriste pour Lagonda mais aussi pour l'aviation.

Ses secrets pour réussir
L'envie de créer ses propres automobiles a primé, mais il faut compter aussi sur une belle polyvalence, qui lui permit de changer de direction quand cela était nécessaire, officiant tant dans le ferroviaire que dans l'automobile ou l'aviation. En une dizaine d'année à peine, Walter Owen Bentley a créé un empire dans les modèles continuent de fleurir encore aujourd'hui.


Anecdote
Avant son rachat par Rolls Royce en 1931, c'est Napier, un constructeur d'avion qui souhaitait racheter Bentley pour se lancer dans l'automobile. Mais Rolls Royce proposa, à la dernière minute, une offre nettement plus alléchante que Monsieur Bentley ne put refuser.

Histoires de constructeurs automobiles #6

Dates
Né le 15 septembre 1881 en Italie et mort le 21 août 1947 à Paris.

Sa passion
Comme beaucoup de constructeurs automobiles nés à la fin du XIXème siècle, Ettore Bugatti est un amoureux de belles mécaniques. Il s'intéresse notamment aux tricycles motorisés en travaillant chez Prinetti & Stucchi, en Italie. À seulement 18 ans, en 1899, il crée sa première automobile à quatre roues. Elle dispose de quatre moteurs. La vitesse, il adore ça et cherche toujours à repousser les limites de son engin, il participera même à des courses et remportera dès la première année la course de tricycles Turin-Pinerolo-Avigliana-Turin. Les succès se multiplieront à un rythme effréné. La passion est là et ne le lâchera plus jamais.

Sa marque
Il réalise, à 19 ans, sa première voiture personnelle, la Bugatti Type 2, un exemplaire unique qu'il améliorera chaque année. Après une collaboration infructueuse, il se consacre pleinement aux voitures de sport. Les modèles se succèdent mais réelle demande. Mais au fur et à mesure du temps, son nom s'ancre dans le paysage automobile. Les Bugatti participent à de prestigieuses courses. Ce sont des modèles reconnus pour leur bonne finition, leurs performances et un avant-gardisme certain. Avec son fils, avec qui il travaillera à temps plein, plus de 1 000 brevets seront déposés. Dès lors, le succès est là. Les records de vitesse sont fréquemment battus. Mais la fin est rude pour Ettore Bugatti, qui fait face au décès accidentel de son fils. L'entreprise, située à Molsheim, est perquisitionnée. Les dettes sont énormes et mettent fin à l'aventure. Les Type 73 et Type 78, alors à l'étude, ne verront jamais le jour.

Ses secrets pour réussir
C'est l'amour pour la vitesse qui a conduit Ettore Bugatti a repoussé ses limites et avoir une constante envie de faire toujours mieux. Éternel insatisfait, il réalisa de nombreux modèles, qui continuent de ravir des passionnés aujourd'hui, toujours dans l'optique de se surpasser. Les Bugatti sont
en effet très recherchées malgré des cotes qui frôlent la démesure.

Anecdote
Près de 7 500 voitures auront été assemblées durant le vivant d'Ettore Bugatti. Un record a mettre en parallèle aux 10 000 victoires obtenues en compétition et aux 37 records battus.


Citation
"Rien n'est trop beau, rien n'est trop cher"

Histoires de constructeurs automobiles #6

Dates
Né le 19 mai 1928 à Londres et mort le 16 décembre 1982 à Norfolk.

Sa passion
Passionné de course automobile depuis toujours, Colin Chapman effectue son service militaire au sein de l'armée de l'air britannique. C'est un univers qui l'inspire et dont il souhaite appliquer les principes à l'automobile, comme la légèreté. Dès 1948, à 20 ans, il modifie des voitures qu'il badge Lotus. Il les modifie et les vents pour financer ses participations en compétition. Il crée Lotus en 1952. 24 Heures du Mans, Formule 1, tout se succède rapidement. Des pilotes de renom, comme Stirling Moss conduisent sur des Lotus. Le succès de la marque est assuré, tant sur les modèles de série qu'en compétition.

Sa marque
Colin Chapman ne souhaitait pas simplement créer des voitures "banales", il voulait innover. En 1957, il créa un châssis exclusivement en fibre de verre et polyester pour gagner du poids. Il créa également la première Formule 1 monocoque (Lotus 25) mais aussi le moteur porteur, les quatre roues motrices, les radiateurs latéraux et le double-châssis. Les amateurs de sensations fortes trouvent chez Lotus des modèles aboutis et offrant de réelles sensations. À l'heure où un certain embourgeoisement et suréquipement ajoutent du poids aux autos, Lotus va à l'encontre. Une attaque cardiaque éteindra malheureusement Colin Chapman en 1982. Mais la marque qu'il a créé continuera d'exister, toujours en suivant les préceptes de son créateur.

Ses secrets pour réussir
Il y
avait cette envie de recenir à l'essence même de l'automobile, en évinçant toute forme de superficialité. Colin Chapman voit davantage l'automobile comme un plaisir et non comme un simple moyen de locomotion. Dès lors, il comprit qu'un poids faible était gage de sensations et que dès lors, un gros moteur ne s'imposait nullement.

Anecdote
Colin Chapman voyait le poids comme l'ennemi numéro 1. Le superflu était éliminé de chacune de ses voitures, ce qui permettait souvent de faire la différence. Les pneus s'usaient moins vite, la consommation était moindre et les passages en courbe à la fois plus précis et rapide. Un sacré visionnaire.


Citation
"Light is right" : une citation qui dicta l'un des principes de base d'une voiture siglée Lotus.


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