BoostedBoris, chronique d'un passionné unique en son genre ! (VF)

Anthony Perrier      18 Juillet 2016       Actualité Interview Insolite

BoostedBoris, chronique d'un passionné unique en son genre ! (VF)

Boosted Boris. Voilà un nom qui vous est peut-être familier si vous avez l'habitude de perdre votre temps sur les réseaux sociaux. Il a su se faire un nom en moins de deux ans dans la communauté automobile notamment grâce à son contenu décalé et addictif. Si vous ne le connaissez pas, je vous conseille de lire cet interview exclusif que nous avons eu la chance d'obtenir durant la très célèbre course des 24 Heures du Mans de cette année 2016.

 

Comment t'es venu la passion pour l'automobile ?

Quand j'étais jeune et que je n'avais pas l'âge de conduire une voiture, j'étais un mordu de scooters. Je les modifiais et affrontais d'autres "pilotes" en courses de drag. Quelques courses ont passées, puis l'organisateur m'a demandé si je pouvais l'aider à créer une compétition dédiée aux voitures. J'ai bien évidemment accepté et me voilà désormais dans le monde de l'automobile. Immédiatement après avoir obtenu mon permis, j'ai passé ma license de pilote pour rouler sur circuit. Ma première voiture à l'âge de 21 ans était une Subaru Impreza CG8 que j'ai malheureusement crashée. J'ai donc acheté deux autres Impreza pour les pièces afin de construire une voiture de course de 500 chevaux. Ma copine de l'époque n'était pas très contente de voir que je passais tout mon temps à bricoler mes voitures alors elle m'a largué et le projet de 500 chevaux est passé à 700 chevaux car j'avais plus de temps et d'argent.


Que fais-tu ici, au Mans ?

Je profite simplement de cette magnifique course et ce tracé fabuleux que je considère comme le Saint-Graal pour tout passionné automobile. Je n'étais jamais venu jusqu'ici mais il s'agit d'un voyage dont j'ai toujours rêvé. L'année dernière, j'ai rencontré Sven au Nürburgring, qui est un jeune Carmrade - le nom que portent les gens de la communauté de Boosted Boris - qui vit ici-même, au Mans. J'ai décidé de venir lui rendre visite durant une semaine à l'occasion des 24 Heures du Mans.
 

Quelle équipe(s) supportes-tu durant ces 24 Heures ?

C'est une question très large. Habituellement je supporte les gens que je connais personnellement, or au Mans je ne connaissais aucun coureur. Sven m'a présenté à l'écurie de Rebellion Racing Team et j'ai ainsi eu le plaisir de les interviewer. Ils étaient très sympathiques donc je les encouragerait en catégorie LMP1. En ce qui concerne les LMP2 je supporte, en tant que Russe, l'équipe de G-Drive Racing que je connais personnellement et de ce fait je serais fier qu'ils remportent la victoire. Si on parle plutôt de constructeurs, je serais heureux de voir Porsche gagner puisque j'ai une affinité toute particulière avec eux du fait que je travaille au Nürburgring. Toyota mérite également la victoire puisqu'ils seraient le second constructeur Japonnais à remporter les 24 Heures du Mans après Mazda en 1991. En ce qui concerne les écuries de GT Pro, j'apprécie le fait que Ford soit de retour après 50 ans, ce serait sympa de les voir gagner. En parlant de Ford, j'aime le fait qu'ils construisent des autos consacrées aux passionnés depuis ces dernières années.

 

Avec quel pilote aimerais-tu aller boire un verre (de Vodka) ?

C'est une bonne question. Sûrement les pilotes russes, puisque nous venons du même endroit. Ceci dit, j'aimerais rencontrer Dominique de l'équipe Rebellion car il a l'air plutôt sympa. J'étais présent à la parade des pilotes dans la ville du Mans - cérémonie habituelle qui se déroule la veille de la course chaque année durant laquelle les pilotes défilent dans les rues de la ville - et j'ai remarqué que plus les pilotes couraient dans des classes élevées, moins ils faisaient attention au public, et vice-versa. Par exemple, l'équipe Rebellion est très ouverte et les pilotes sont venus à ma rencontre tandis que je photographiais leur auto. À l'inverse, des pilotes plus connus, à l'image de Nicolas Prost ou Nelson Piquet Junior - photo Instagram à l'appui - n'ont pas l'air heureux de poser à mes côtés et se disent qu'il s'agit encore d'un autre fan. Et cela ne me rend pas heureux, ne prenez pas les courses automobiles trop sérieusement les gars, aller, on est là pour s'amuser avant tout !

Je vous donne une histoire exclusive : l'année dernière, le pilote de F1 Lewis Hamilton participait au Gumball 3000 au volant d'une Koenigsegg. Lorsqu'il est arrivé devant un hôtel-étape qui était d'ailleurs maintenu assez secret, il y avait deux jeunes garçons qui avaient fait le déplacement juste pour le rencontrer. Ils lui ont demandé s'il était possible qu'ils fassent une photo ensembles et Lewis semblait quelque peu perdu puisque son manager n'était pas dans le coin. Il accepta, le premier garçon fit une photo puis vint le tour de l'autre. Cependant, ce dernier tremblait tellement que la photo finale était complètement floue. Le jeune garçon lui demanda s'ils pouvaient refaire la photo et Lewis répondu "Non, je dois y aller". Sérieusement Lewis ? Seulement cinq secondes de ton temps peut permettre à ces enfants de réaliser leur rêve.
Mon message à tout les pilotes de course : Peu importe si vous courrez dans un contre-la-montre dans votre ville ou si vous êtes un champion de F1. Ne soyez jamais impolis envers vos fans car cela pourrait être mauvais pour votre image.


Que penses-tu de l'ambiance des 24 Heures du Mans ?

 

 

Bonjour du Mans carmrades! Pic by @svencabaret #boostedboris #lemans #lemans24 #lm24 #xbox #xboxone #forza #forzamotorsport

Une photo publiée par Boosted Boris (@boostedboris) le

C'est très exclusif. Par exemple au Nürburgring j'ai seulement un bracelet qui me permet d'aller partout, ici j'ai deux bracelets en plus de mon ticket d'entrée et je ne peux aller nul part. L'exclusivité est une bonne chose car elle attire les spectateurs, cet état d'esprit permet de conserver l'idée qu'il s'agit du Saint-Graal en matière d'évènement automobile. Peut-être en revanche essayent t-il trop d'être exclusif puisque l'accès et les règles dédiées aux journalistes sont elles aussi très strictes. Je suis ici en tant que simple visiteur et je n'ai aucune accréditation presse, je peux donc ainsi me permettre de filmer et de diffuser tout ce que je veux. Si j'avais un laisser-passer de ce genre, je serais certes autorisé à aller dans certains endroits mais cela nécéssiterait de gros briefings afin de me dire ce que je n'ai absolument pas le droit de faire ou de diffuser. Là je peux juste jouer l'étonné et dire "Ah désolé les gars, je savais pas...". Il est important de savoir que l'accès presse ne vous donne pas accès aux 24 Heures de course mais seulement à quatre heures de stands et quatre heures de piste. C'est ridicule lorsque l'on voit que la course dure une journée entière ! Mon message personnel à l'organisation de cette compétition : c'est bien d'être exclusif, mais n'en abusez pas.


Parle nous de ton travail, que fais-tu ?

Peu de personnes savent réellement ce que je fais. J'ai d'ailleurs une anecdote amusante. Il y a quelques années je m'étais rendu à une des plus grandes expositions automobile de Birmingham et un de mes amis y était présent. Il travaille pour HKS, la grande compagnie de préparation auto. Il m'a présenté au directeur général de Mitsubishi en disant "Voilà Misha il est... Euh... Que fais-tu au juste ?". Je fais énormément de choses. Je travaille actuellement au Ring Garage - garage populaire situé au Nürburgring - dans lequel nous proposons tout un tas de services. En passant par la location de voitures, le support de course, le coaching, le logement sur place et le tourisme. Nous pouvons également nous déplacer sur d'autres circuits pour satisfaire pleinement le client. Petite exclusivité pour vous : je m'aprête à envoyer quatre ou cinq voitures au Portugal pour l'hiver et peut-être est-ce que j'aurais la chance d'y rester durant quelques mois.

Sinon j'ai également mon personnage, Boosted Boris, qui est ma propre inteprétation de la manière dont les pilotes devraient se comporter. Le Sport Auto est pour tout le monde, ne soyez pas trop sérieux à propos de ça. Aujourd'hui le contenu lié à l'automobile suit toujours le même modèle, ce modèle ennuyant qui vous montre ce que telle ou telle voiture peut faire, mais ce n'est pas divertissant. Pourquoi est-ce que Top Gear UK était si populaire ? Parce qu'ils s'amusaient avec les voitures et proposaient leur propre expérience avec telle ou telle auto. C'est ce que j'essaye de faire passer à travers de Boosted Boris. J'ai déjà reçu des messages me disant "Pour nous, les voitures ne sont que des voitures. Elles nous permettent d'aller d'un point A à un point B, mais on adore ton contenu parce que c'est intéressant et amusant !". Bien sûr YouTube n'est pas ce que je pourrais appeler un métier, puisque je ne rentre aucun argent avec le contenu que je propose.


Tu es russe, comment est la vie là-bas ? Est-ce que les gens conduisent comme des fous comme on le voit sur YouTube ?

En France, voyez-vous tout le monde se balader avec une baguette et une bouteille de vin rouge sous le bras tout en chantant la Marseillaise ? C'est juste un stéréotype et les gens adorent les stéréotypes et ils se concentrent sur eux. C'est un cercle vicieux. Bien sûr que ces choses là arrivent, mais il y a des milliers d'autres cas où il ne se passe absolument rien et où tout va bien ! Cependant les gens ne vont pas diffuser des vidéos de leur conduite paisible et sans intéret.


Donne-nous un mot commençant par la lettre P

Porsche.


As-tu goûté les rillettes du mans ?

BoostedBoris, chronique d'un passionné unique en son genre ! (VF)

Bien sûr ! Il y a deux jours durant le dîner, j'ai vraiment envie d'en emporter avec moi en Allemagne. J'ai dis à la mère de Sven qu'elle devrait créer un restaurant français au Nürburgring, il n'y en a pas et elle aurait beaucoup de succès.


Que prends-tu au petit-déjeuner ?

 

Banana art #boostedboris #boostedbanana #bananaboris #ringgarage #porsche

Une photo publiée par Boosted Boris (@boostedboris) le

Amusant ! Si je suis en Allemagne, c'est toujours la même chose. Deux pains au chocolat et du jambon sec. Parfois je me fais un kiff et je prends du riz au lait et c'est plus ou moins tout les jours la même chose. En revanche le dimanche, lorsque le Lidl local est fermé je me rends à un restaurant italien situé non loin du Nürburgring et je déguste une petite omelette.

 

 

Est-ce que tu as rencontré Brad Pitt ?
- C'est lui qui donnait le départ des 24 Heures du Mans -
 

 

Non, j'étais au virage du Tertre Rouge lorsqu'il a donné le départ car nous avions trouvé un superbe spot et je ne voulais pas bouger. J'ai seulement entendu qu'il conduisait sur le circuit, mais je ne savais pas à l'avance qu'il allait être présent.


Si tu devais créer une voiture, comment la verrais-tu ?

Figurez-vous que j'ai une voiture en tête que je compte réaliser d'ici un ou deux ans. Je ne peux pas vous dire exactement ce que je compte faire, mais sachez que je vais être original. Une recette à base de modèles existants et de swaps... Ce sera quelque chose de jamais vu, je veux jouer dans l'originalité ! Cette auto sera conçue pour les "World Series of something" et n'a rien à voir avec le Nürburgring, même si j'aimerais la mettre sur le circuit et faire des vidéos de malade avec.


Pourquoi le pseudo "Boosted Boris" ?

Peu de personnes connaissent l'histoire qui se cache derrière ce nom, effectivement. En 2013, j'ai été invité à l'un des plus grands salons de tuning de Suède qui regroupe chaque année entre 80.000 et 100.000 personnes. J'étais sponsorisé par une marque de prêt à porter nommée Downforce.com qui avait également sa propre chaîne YouTube qui mettais en scène un personnage décalé nommé Captain Red Beard - Capitaine Barbe Rouge -. J'étais leur hôte durant le salon et il me fallait impérativement un pseudo équivalent, voir même meilleur ! J'avais déjà imaginé un personnage lors d'un voyage à Ufa, durant lequel je portais mon fameux chapeau Downforce.co sur lequel était inscrit "Fuel your Soul" et mes lunettes de soleil. On a pensé qu'il serait sympa d'adopter un nom marrant du style "Vtec Vladimir" mais nous avions déjà un Vladimir dans l'équipe. J'ai ensuite pensé au nom que vous connaissez maintenant, Boosted Boris, que l'on a adopté. Boris est stéréotypé russe, et les gens adorent ça. J'ai récupéré un t-shirt de leur collection sur lequel figurait deux turbos. Le personnage était né !

 

Merci encore à Misha aka Boosted Boris de nous avoir accordé cet interview exclusif. Pour le retrouver sur les réseaux sociaux où il est particulièrement actif, je vous invite à le rejoindre sur ces différentes plateformes.

 



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