'15 Mercedes-Benz CLS 63 AMG 4MATIC (C218)

Anthony Perrier      28 Septembre 2016       Mercedes V8 Années '10 Allemandes

'15 Mercedes-Benz CLS 63 AMG 4MATIC (C218)

C'est en 2004 que Mercedes lança sa berline CLS, première à inaugurer le principe de coupé à quatre portes. Le principe était simple : une voiture longue, à la ligne très basse et au look assurément sportif. Sept ans plus tard, Mercedes nous offre une deuxième génération de CLS, à l'aspect bien plus travaillé et anguleux. Même si le marché français est essentiellement basé sur les deux motorisations diesel proposées, nos amis allemands n'ont pas oubliés pour autant les fans de sensations fortes, et c'est ainsi qu'est née la CLS63 AMG 4MATIC, version à quatre roues motrices de la CLS63. Mais alors, que vaut-elle vraiment ?
 

Fiche technique
Mercedes-Benz
CLS63 AMG 4MATIC
C218

2013 - ...
  Dimensions 4,94 x 1,88 x 1,41 mètre
  Poids 1870 kg
  Boîte de vitesse Automatique, 7 rapports
  Transmission Intégrale
5.5 litre
V8 biturbo

557 chevaux
720 Nm
  0 à 100 km/h 3,7 secondes
  Vitesse max. 250 km/h (limité)
  Consommation mixte 10,4 L / 100 km
  Prix du neuf A partir de 137 700 €
'15 Mercedes-Benz CLS 63 AMG 4MATIC (C218)

Ouvrez vos manuels d'histoire, page 63

 

Comme vous avez pu le lire dans l'introduction, Mercedes a introduit la CLS sur le marché durant l'année 2004. Selon eux, il s'agissait du tout premier "coupé à quatre portes de l'histoire" mais il s'agit là plus d'un argument commercial que d'un fait réel. En effet, Bien que la ligne de cette dernière rappelle celle d'un coupé, le gabarit de la voiture avoisine quant à lui les cinq mètres de long et offre 4, voir 5 vraies places. Si la CLS a connu le succès, c'est bien évidemment grâce à cette ligne audacieuse mais aussi grâce à ses motorisations intéressantes. Sur la première génération, pas moins de huit motorisations étaient proposées au catalogue, dont un seul moteur diesel. Ce dernier représentait la grande majorité des ventes en France, voir même en Europe.

'15 Mercedes-Benz CLS 63 AMG 4MATIC (C218)

Un modèle à part

 

Sept ans après le lancement de la première génération de la CLS, les autres constructeurs Premium allemands surfent sur la vague des coupés quatre portes et Mercedes se doit de réagir pour faire face à cette nouvelle concurence. C'est ainsi que naquit la seconde génération de la CLS - nom de code C218 - pour contrer les ventes des Audi A7 et autres BMW Série 6 Gran Coupé. Au programme : deux motorisations Diesel et trois motorisations essence, toutes plus sobres et performantes que celles disponibles sur la génération précédente. En haut de la gamme, on découvre la 63 AMG, qui comme son nom ne l'indique pas, développe une cylindrée de 5,5 litres. Nous le verrons plus tard dans l'article. Esthétiquement donc, c'est une réussite et un très bel exercice de style réalisé avec brio. Redonner un second souffle à la précurseuse CLS de première génération n'était pas un pari facile, il fallait évoluer sans révolutionner sous peine de perdre l'identité de ce modèle à part dans la gamme. Cette CLS63 est équipée, en option, du Pack Sport Black AMG qui remplace les inserts extérieurs chromés par du noir laqué. À savoir la lame avant, les bas de caisse, les rétroviseurs et la teinte des vitres arrières. Un style full black qui lui sied plutôt bien ! Bestiale !

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Downsizing

 

Cette version CLS 63 AMG est de très loin la plus agresive de toute la gamme. Ancrée dans le sol avec de généreuses jantes de 19 pouces habillées de noir, elle semble prête à vouloir bondir. L'impression est rapidement confirmée. Ce fauve s'élance à la moindre sollication de la pédale de droite dans un délicieux vacarme que seul un V8 de forte cylindrée peut laisser échapper de ses entrailles. Car même la cylindrée a chuté de 6,2 à 5,5 litres, elle n'en reste pas moins très élevée. Downsizing oblige, deux turbos ont pris place sous le capot, augmentant les performances et diminuant la consommation. Cela freinera les puristes mais cela va dans le bon sens malgré tout : offrir une berline... Un coupé pardon... le plus efficace possible tout en restant très polyvalent puisque cette CLS est aussi agile en ville que sur de petites routes sinueuses où l'arsouille n'est jamais bien loin. Un bon compromis ? Et oui, tout à fait ! Reste que niveau discrétion, ce n'est pas encore ça. Qu'importe !

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GTR à 4 portes

 

Dans l'habitacle, tout aspire à la sportivité. On y découvre un intérieur tout cuir d'excellente facture, des surpiqures, une foule d'équipements visibles et d'autres qui ne le sont pas. Chez Mercedes, on ne lésine pas sur la qualité perçue et bien enfoncés dans les confortables baquets, il n'y a plus qu'à démarrer pour que la magie opère car le cœur de cet engin est bien entendu sous ce long capot. Notons par ailleurs que les CLS "classiques" et les versions AMG n'ont que peu d'éléments communs. Pour loger le V8, il a fallu redessiner le capot, élargir les passages de roue et intégrer un gros diffuseur à l'arrière. Autant dire qu'on en a pour son argent. Une seule boîte de vitesse est proposée cependant, il s'agit de la boîte AMG Speedshift MCT, disposant de sept rapports. Quatre modes de conduite sont proposés, des plus sages (Confort), aux plus sportifs (Sport, Sport +), voir même carrément démentiels (Manual) pour abattre le 0 à 100 km/h en moins de 4 secondes. 3,7 pour être précis. Vous avez bien lu. Sur certains points, on pourrait l'assimiler à une Nissan GTR à 4 portes ! Le tempérament est étrangement proche malgré une conception mécanique bien différente.

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Avion de chasse

 

Dotée du pack AMG Performance, la CLS 63 AMG se mue en avion de chasse. Elle est un peu lourde avec près de 1,9 tonne, mais le souffle du V8 biturbo de 557 chevaux et 800 Nm de couple est saisissant. Rien ne semble pouvoir l'arrêter si ce n'est un besoin régulier de passer à la station service déposer un chèque. L'ensemble est parfaitement équilibrée et encaisse la puissance sans difficulté. La transmission intégrale 4Matic n'est pas étrangère à cela, bien au contraire. C'est même devenu un rituel sous le capot de ces berlines survitaminées pour les rendre conduisibles sans se faire (trop) peur au moindre virage venu. Cette CLS 63 AMG n'en demeure pas moins un modèle d'efficacité et témoigne une fois de plus du savoir-faire de la branche sportive de Mercedes quand il s'agit de créer un ensemble moteur-boîte de premier ordre. L'autre bonne nouvelle, c'est la consommation, qui descend là 10 litres aux 100 kilomètres en roulant cool en mode Confort avec notamment le Stop&Start. Dans les faits, le côté pousse-au-crime de cette CLS rendra difficile la tâche. Mais ceux qui cherchent les économies pourront se tourner vers une version Diesel pack AMG !

'15 Mercedes-Benz CLS 63 AMG 4MATIC (C218)

Bonne pioche !

 

Pour les pères (ou mères) de famille pressés, la CLS 63 AMG est un choix tout à fait défendable à défaut d'être raisonnable. Elle n'est pas la plus authentique avec sa boîte automatique de série, son V8 suralimenté mais elle a su conserver l'âme d'une voiture badgée AMG (on exclut les Diesel pack AMG !) et c'est bien cela le plus important. Fiable puisque éprouvé, ce bloc moteur promet une bonne longévité et un plaisir de conduite pour de nombreuses années. Le passage à la suralimentation nous a fait un peu peur quant aux vocalises du V8, mais il n'en est rien. Les échappements sports remplissent leur tâche avec brio. L'honneur est sauf et le plaisir toujours au rendez-vous.

'15 Mercedes-Benz CLS 63 AMG 4MATIC (C218)

Faut-il acheter une CLS 63 AMG ?

À près de 140 000 € hors options, la CLS 63 AMG Performance pique les yeux et saigne le compte en banque. Heureusement, la belle arrive progressivement sur le marché de l'occasion avec une inéluctable forte décote, comme si les sportives n'étaient pas très recherchées en France. Dans tous les cas, elle demeure un modèle d'efficacité et de plaisir. Avec une sonorité envoûtante qui vient accentuer les sensations déjà gargantuesques de ce V8 suralimenté de plus de 550 chevaux. Nous, on adore ! Mais il faudra assumer derrière un entretien assez coûteux !

 

3 arguments 3 contre-arguments
Ligne racée
Tempérament du V8
Équipement
Prix stratosphérique
Pas de boîte manuelle
Entretien assez cher

 

Référence article : AH04 • Version 3.2


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