Les français se fichent-ils de leur motorisation ?

Les français se fichent-ils de leur motorisation ?

C'est un constat difficilement évitable : l'automobiliste lambda ne cherche plus la puissance ni même l'agrément de conduite. Il privilégie largement l'esthétique de sa voiture. Mais que cache cette approche un peu superficielle ? Le parc automobile actuel est-il sous-motorisé ? Quelle est la puissance moyenne d'une voiture en France ?


La voiture française moyenne

Commençons par décrire la voiture lambda, c'est-à-dire, celle qui reprend toutes les caractéristiques moyennes de celles achetées par les français en 2016. Il s'agit tout d'abord d'une voiture de 4,22 mètres de long, soit l'équivalent d'une Renault Mégane et d'un poids de 1,2 tonne, la faute aux nombreux SUV qu'adulent nos compatriotes.

Cette voiture consomme 4,5 litres aux 100 kilomètres, ce qui est relativement important et qui permet d'aboutir à plusieurs constats. Le premier, c'est que les indécrottables du diesel restent encore trop fidèles à leurs montures qu'ils ne rentabiliseront... Jamais ! Ensuite, l'essor du moteur hybride (pourtant vendu par Toyota depuis plus de vingt ans) commence enfin à gagner la confiance des usagers.

Troisième constat, les moteurs essence ont succombé en masse au downsizing et à la greffe d'un turbo. Les cylindrées n'ont jamais été aussi basses.

Dernier constat, ces faibles consommations s'expliquent aussi par des moteurs peu énergivores, c'est-à-dire des moteurs d'entrée de gamme, ou de milieu de gamme, mais assez rarement au delà ? Qui achèterait un V8 aujourd'hui, hormis nous, les passionnés ?


50% de puissance en plus... en 20 ans

Sur le papier, la puissance moyenne d'une voiture en France est de 113 chevaux. Cela peut paraître beaucoup, surtout si l'on sait qu'elle n'était que de 75 chevaux en 1995, mais il faut préciser certains éléments et vous verrez de suite que le constat est nettement moins joyeux.

Déjà, parce que les voitures étaient bien plus légères il y a vingt ans. On peut donc en déduire que l'augmentation de puissance est largement gommée par l'embonpoint. Ajoutons à cela que nos voitures sont de plus en plus hautes...

Il y a aussi le fait qu'un SUV a besoin de plus de puissances qu'une berline, en raison d'une aérodynamique défavorable et d'un surpoids, c'est inévitable.


"Tant qu'elle roule, ça va" : la dépassion

Troisième phénomène, l'automobiliste a un rapport curieux avec son automobile. Auparavant, chacun appréciait de monter progressivement en puissance, savourait sa nouvelle voiture et appréciait qu'elle soit la plus confortable aussi.

De nos jours, le constat est bien différent. De l'aveu même d'un commercial, l'automobiliste lambda n'accorde que peu d'importance à l'essai de sa nouvelle voiture. Les performances, ça ne l'intéresse plus, ni même le comportement routier.

L'approche est nettement plus superficielle : l'esthétique va primer et surtout les équipement hi-tech à bord. C'est ainsi que certains se retrouvent avec entre les mains une Mercedes Classe A 160 CDI en pack AMG.

Cela se confirme très nettement si on réfère au prix de cette voiture moyenne, qui cumine à près de 26 000 €, soit 6 000 € de plus qu'en 2010.


Et pour la suite ?

Il y a malheureusement peu de signes qui laissent espérer de meilleurs chiffres ultérieurement. Le développement de la voiture autonome stoppera définitivement cette course à la puissance, que certains mènent encore en solo.

L'automobile, peu l'aiment en tant que telle, mais ils apprécient l'image qu'elle dégage et qu'elle peut renvoyer sur son propriétaire, même si convenons-en, une compacte très faiblement motorisée au look sportif est absolument ridicule.

Les français se fichent-ils de leur motorisation ?

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