'11 Porsche Cayman (987) R

Thomas Drouart      9 Août 2016       Porsche 6 cylindres Allemandes Années '10

'11 Porsche Cayman (987) R

Chez Porsche, la lettre "R" a une symbolique particulière. Né en 2005, le Cayman en héritera durant une course période dès 2011. Mais que vaut réellement cette version dont la puissance approche de celle d'une 911 Carrera. Réelle audace ou concurrence potentielle en interne ?
 

Fiche technique
Porsche
Cayman R

2011 - 2012
  Dimensions 4,34 x 1,80 x 1,28 mètre
  Poids 1 295 kg
  Boîte de vitesse Manuelle, 6 rapports
  Transmission Propulsion + autobloquant
3.4 litres
6 cylindres à plat

330 chevaux
370 Nm
  0 à 100 km/h 5"0
  Vitesse max. 282 km/h
  Consommation 9,7 L / 100 km
  Côte moyenne 70 000 €
'11 Porsche Cayman (987) R

Dehors le superflu !

Lorsque le Boxster hérite d'une version coupé, c'est le nom de Cayman qui fut employé. Mais n'y voyez pas là une 911 "low cost". Le Cayman est une petite sportive dont le Flat-6, dérivant directement de celui de la 911, est en moteur centrale arrière. Très équilibré, il bénéficie rapidement d'une version S. Restylé en 2009, il hérite d'une bien peu raisonnable version R. Le Cayman R est une évolution conséquente. Sur le papier, on appréciera une puissance accrue de 10 chevaux, soit 330, pour ne pas concurrencer la 911 dont la version de base dispose à l'époque de 345 canassons. D'esthétique d'abord, on note de nouveaux coloris au choix, dont le vert Péridot qu'arbore l'exemplaire ici illustré. Notons également qu'un aileron fixe prend place à l'arrière et que les pare-chocs sont nettement plus aérés. L'objectif est clair pour Porsche : offrir une déclinaison réellement sportive au Cayman, qui a ses adeptes. Cela se vérifiera dans l'habitacle où le superflu a été soigneusement éliminé. Tout comme la 911 R de 1967, l'idée est de proposer un modèle à mi-chemin entre la voiture de course et celle de série. Et le tout pour un budget bien inférieur à celui d'une 911 plus cossue.

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55 kg

Impossible de ne pas différencier le Cayman R d'une version S. Il y a des signes qui ne trompent pas, comme l'allure générale, bien plus élancée et des stickers de carrosserie latéraux, à la manière de ceux disposés sur d'anciennes générations de 911. Cela se conjugue avec des jantes de 19 pouces en finition acier ou noir. L'ensemble est plutôt élégant puisqu'aucun détail n'a été laissé au hasard. Des touches de noir parsèment ici et là la carrosserie, qu'il s'agisse de l'aileron, des stickers ou du sigle arrière. Dans l'habitacle, deux généreux baquets, quelques touches de vert et surtout 55 kg en moins, obtenus en ôtant climatisation, autoradio, porte-gobelets et en allègeant les jantes de 19 pouces. Et 55 kg en moins, cela se ressent avec un poids sous la barre des 1,3 tonne. Cela reste encore élevé, mais dans la catégorie, c'est plutôt une belle performance. La puissance ne dépassera pas le cap stratégique de 345 chevaux imposé par la Porsche 911 d'entrée de gamme. Avec 330 chevaux, le gain de 10 chevaux est toutefois significatif par rapport au Cayman S. Le 0 à 100 km/h se réalise en 5 secondes et les reprises sont plus efficaces que la 911 à peine plus puissante. Le comportement est tout aussi bon, avec un bon feeling et une direction d'une grande précision.

'11 Porsche Cayman (987) R

À peu près raisonnable

En position centrale arrière, le 6-cylindres à plat permet de libérer un coffre à l'avant et un second à l'arrière pour un volume total de 410 litres, c'est un brin supérieur à celui d'une Mégane 3 berline. En revanche, on ne voyage qu'à deux personnes dans un Cayman ! Le Flat-6 est ici parfaitement à son aise et permet au Cayman R de disposer d'une puissance confortable même pour une utilisation sur piste. Sa garde au sol rabaissée de 20 millimètres améliore encore davantage l'agilité. Le terrain de jeu favori de cette petite sportive, ce sont les routes serpentées. C'est là où la réduction de poids et la puissance permettent d'exploiter pleinement le tempérament explosif du Cayman R. Bon, comme souvent chez Porsche (qui a dit "tout le temps" ?), le catalogue des options est aussi conséquent qu'un monologue de Jean-Claude Van Damme. Il est possible de rajouter les accessoires supprimés de série pour réduire le poids au profit du confort, d'opter pour la transmission PDK à double-embrayage ou même les disques de frein en carbone-céramique. La note peut considérablement s'alourdir, bien que vendu à partir de 71 000 €, le Cayman R reste à peu près raisonnable.

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Au prix du neuf !

Vendu exclusivement de 2011 à 2012, le Cayman R aura connu une carrière plus courte que ses homologues et Cayman et Cayman S. La raison est simple : le public cible est restreint et la nouvelle génération (981) s'apprêtait à entrer en production. Les puristes ont généralement fortement apprécié le Cayman R. Boîte manuelle, Flat-6 et allègement, la recette est alléchante. Et le prix de revient est près de deux fois inférieur à celui d'une 911 GT3. Les performances demeurent en retrait, c'est certain. Mais la philosophie est identique. Et on ne peut que reconnaître qu'il s'agissait d'un investissement juteux car le marché de l'occasion se porte parfaitement bien avec des cotes, en France, qui peuvent grimper à plus de 70 000 €, soit quasiment le prix du neuf, hors option.

'11 Porsche Cayman (987) R

Un modèle unique

Au final, le Porsche Cayman R est un modèle très attachant. Ce n'est pas une surprise, me direz-vous. Mais les performances sont suffisamment convaincantes pour séduire les amateurs de sportive. La ligne en elle-même est travaillée mais sans aller dans l'excès. L'aileron fixe et les multiples touches noires égaient cette ligne et donnent au Cayman R, une image unique, dans l'esprit des 911 GT3. Sur le plan financier, le budget consommation peut demeurer tout à fait raisonnable en cycle mixte mais peut rapidement dépasser les 20 litres aux 100 kilomètres en utilisation intensive. L'entretien est un brin élevé mais s'avère compensé par une bonne fiabilité. À titre d'exemple, une petite révison vous coûtera 400 € et une grosse 850 €. Un embrayage ? Comptez 1 500 €. Ce qui revient le plus cher, au final, ce sont les consommables s'il y a utilisation sur piste. Quel que soit l'usage, un entretien rigoureux est indispensable. Évitez les modèles ayant fait du circuit et privilégiez un modèle à l'historique limpide et avec un entretien suivi. Un rapport Piwis vous permettra de lire les informations sur les plages d'utilisation, et donc du type de parcours effectués.

'11 Porsche Cayman (987) R

Faut-il acheter un Cayman R ?

Il faudrait être fou (ou vraiment raisonnable) pour répondre par la négative. Ôde au plaisir, le Cayman R fait partie de ces modèles qui donnent le sourire. Spécialement affiné pour les amateurs de sensations fortes, c'est un modèle à la fois fiable, performant et bien construit. En prime, les budgets entretien et consommations sont assez raisonnables. Dépêchez-vous, la cote de ces modèles, vendus un peu plus d'un an seulement, commence déjà à prendre son envol et rattrape bien souvent le prix de vente initial en neuf pour les plus beaux exemplaires. C'est un placement sûr pour l'avenir mais aussi un splendide jouet pour la balade du dimanche matin !

 

3 arguments 3 contre-arguments
Ligne élégante
Performances
Excellent compromis
Poids encore un brin élevé
Cher à l'achat
Marché de l'occasion pauvre

Référence article : AD47 • Version 3.2


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