AC34 • Aston Martin DBS '08

Thomas DROUART      31 Janvier 2016       Aston Martin V12 An Années '00

AC34 • Aston Martin DBS '08

"DBS", trois lettres qui résonnent chez Aston Martin depuis 1967. Cette année-là, la marque de Gaydon offre une succession moderne et sportive à la DB6. 40 ans plus tard, la DBS revient et s'affiche comme une DB9 extravertie, gonflée à la testostérone et mue par un V12 atmosphérique authentique et incroyable. Désormais plus accessible, vaut-elle l'investissement ?

 

Fiche technique
 Modèle Aston Martin DBS
 Moteur 6.0 V12 517 chevaux
 Dimensions 4,72 x 1,90 x 1,28 mètre
 Masse 1 695 kg
 Commercialisation 2007 à 2012
 Côte moyenne 150 000 €
 0 à 100 km/h 4"3
 Vitesse max 302 km/h
 Consommation 15,8 l/100 km
 Date et lieu 26 septembre 2015, Le Mans
AC34 • Aston Martin DBS '08

Une gamme complète. Lorsque Aston Martin commercialise la DB9 en 2004, les avis sont mitigés mais saluent à l'unanimité l'authenticité du modèle, fort d'un V12 atmosphérique d'une grande noblesse. Mais la belle n'est pas vraiment sportive, c'est davantage une GT, qui signifie qu'elle est un savant compromis entre luxe et dynamisme. Néanmoins, les clients sont là et la DB9, qui reprend les ingrédients de la précédente DB7 connaît une rapide ascension. La Vanquish, qui connaît une carrière plus confidentielle, constitue le haut de la gamme de la marque anglaise, tandis que la V8 Vantage, qui pointe le bout de sa calandre en 2005, s'affiche comme une entrée de gamme plaisante et moins agressive sur le plan tarifaire. La gamme ainsi consituée tient la route et permet à Aston Martin de reprendre des couleurs et de moderniser son image. Mais en 2007, la Vanquish S, qui a déjà succédé à la Vanquish "de base" est à bout de souffle, et ses problèmes de fiabilité assez aléatoires la poussent vers la sortie.

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Agressive à souhait. Au premier regard, la DBS affiche la couleur. C'est elle qui prend la relève à la fin 2007 de la Vanquish. La parenté avec la DB9 est bien réelle et se retrouve dans la ligne notamment. Pourtant, elle n'en dérive pas directement, les côtes sont différentes. Alors que la Vanquish arborait une ligne gracieuse et imposante, la DBS cru 2007 préfère jouer la carte de la sportivité, et elle ne cache nullement ses ambitions, bien au contraire. Certains de ces appendices semblent tout droit tirés des DBR9 qui ont plus ou moins brillé aux 24 Heures du Mans. Grande gueule béante, capot ajouré, pare-chocs agressifs... Tout ou presque inspire la sportivité. Il faut dire qu'Aston Martin ne pouvait se contenter d'une simple upgrade. D'un côté, il fallait offrir une digne descendance à la Vanquish et de l'autre, il fallait faire honneur à la DBS de la fin des années '60. La carrière débute d'une manière assez peu conventionnelle, c'est dans un James Bond qu'elle est dévoilée au public. Un chouette tremplin commercial.

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Collectionneuse de superlatifs. Esthétiquement, le design est résolument plus nerveux que la DB9, le côté gentleman en prend un sacré coup. De multiples détails s'ajoutent, comme des poignées de porte encastrées, des prises d'air latérales plus généreuses, des feux translucides et des lignes tirées pour un style agressif à souhait. L'ensemble reste toutefois très pur et cohérent dans son ensemble, la ligne étant gracieuse et équilibrée. Dès lors, il paraît bien illusoire de trouver la moindre coquille dans cette plastique de qualité où rien n'a été laissé au hasard. Elle reprend l'intégralité des codes stylistiques en vigueur, tant au niveau du vitrage que pour les phares profilés à fond noir ou bien les jantes polies du plus bel effet. C'est un fait, l'Aston Martin DBS récolte des superlatifs à chaque coin de rue. Un capital sympathie bien supérieur à ses concurrentes allemandes, hormis peut-être la Porsche 911 Turbo S.

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Efficace. Sous le capot, on retrouve le V12 atmosphérique de six litres de cylindrée emprunté à la DB9 mais il développe ici 517 chevaux grâce à une cure de vitamine. l'admission et l'échappement ont été revus tandis que les prises d'air permettent une meilleure circulation de l'air. Le V12 gagne en répondant, les accélérations sont plus franches et les reprises encore meilleures. Mais cela n'en fait pas une sportive pour autant. La belle DBS accuse certes près de 200 kg de moins que la DB9 mais sa masse totale atteint tout de même 1,7 tonnes... Et 40 kg de plus si la boîte automatique obtient votre préférence. Une masse conséquente qui se fait assez vite oublier au volant tant le châssis est un exemple d'efficacité. Les suspensions sont réglées au millimètre tandis que les barres antiroulis permettent d'arpenter les routes serpentées en montagne avec une facilité déconcertante. Les accélérations sont brutales, franches... Et la sonorité est jouissive, le chant du V12 atmosphérique témoigne d'une époque qui touche à sa fin, à l'heure où le downsizing règne déjà en maître chez de nombreux fabricants de voitures de sport.

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Du bon et du moins bon. Les jantes sont en 20 pouces à l'avant comme à l'arrière, avec des gommes qui atteignent près de 30 centimètres de largeur à l'arrière. La grande précision du train avant permet de toujours bien inscrire la DBS dans les courbes, en définissant le mode de conduite correspondant aux exigences du moment de son pilote. Afin de satisfaire les amateurs de la marque et de nobles mécaniques en général, une boîte manuelle est proposée ainsi que son homologue automatique à six rapports. L'ensemble est vif, avec une boîte comme l'autre, avec le 0 à 100 km/h en 4,3 secondes. GT dans l'âme, elle entre en concurrence avec les Ferrari 599 GTB et autres Bentley Continental GT. Dernier bon point distribué, celui de la possible déconnexion des ESP et ABS pour s'amuser quelque peu au volant. Après, la belle a bien entendu quelques inconvénients, comme une visibilité arrière exécrable et une consommation qui peut grimper à 20 litres aux 100 kilomètres sans écraser la pédale de droite jusqu'au bout !

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Chic et sobre. À l'arrière, on découvre un diffuseur entièrement nouveau, intégrant deux sorties d'échappement sur ses bords et permettant une bonne circulation de l'air. Le freinage ne manque pas de mordant, grâce aux qautre disques ventilés en carbone-céramique pincés par des étriers à 6 et 4 pistons. On remarque également des capteurs de recul pour pallier à la faible visibilité arrière. Intégrés subtilement, ils ne dénaturent pas la ligne mais ajoutent du poids. Et sur ce point, l'équipement ne manque de rien, placages en carbone mat, alcantara, cuir et moquettes de qualité supportent une climatisation, une sono de 700 watts qui feraient palir des amateurs de tuning mais aussi un téléphone embarqué. Mais cela cache aussi des faiblesses, comme le volant qui semble d'un autre temps et l'instrumentation qui manque de classe, on a déjà vu mieux, surtout chez Aston Martin !

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Chère DBS. Durant sa commercialisation de 2007 à 2012, prêt de 500 exemplaires sont sortis chaque année des usines de Gaydon. Affichée à 241 400 € neuve et hors option éventuelle, l'Aston Martin DBS à un tarif plus élevé que la Bentley Continental GT à moteur W12 et équivalent à celui de la Ferrari 599 GTB. Autant dire qu'elle était assez compétitive dans sa catégorie. Rapidement, les ventes s'enchaînent dans des configurations relativement classiques, noires ou grises et quelques exemplaires blancs ou rouges... Mais notre belle DBS perd rapidement des clients potentiels quand l'Aston Martin V8 Vantage d'entrée de gamme se dote d'une sulfureuse version dont le V12 est repris de la DBS. Une puissance similaire, un poids légèrement moins élevé, un équipement équivalent... Et le tout 100 000 € moins cher ! Inéluctablement, la DBS est amenée à disparaître courant 2012, remplacée par une seconde Vanquish affichant de base une puissance de 573 chevaux, toujours avec un V12 atmosphérique sous son long capot.

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Le bon choix. L'arrière a gagné en modernité en adoptant les feux translucides, repris de la DB9 du même millésime. Véritable voiture passion, l'Aston Martin DBS cru 2007 s'apprécie pour son homogénéité, ses performances démoniaques et son grand niveau de confort. Encore plus aboutie que la DB9, il ne lui manque qu'une cure d'allègement encore plus drastique pour rivaliser avec des modèles au tempérament plus joueur et sportif. Sur le marché de l'occasion, les DBS ne subissent pas encore l'effet collector et sont donc soumises à une décote assez nette, comptez aux alentours de 150 000 € pour un bel exemplaire.

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En occasion. Il est bien difficile de résister à l'Aston Martin DBS, digne descendante de la DBS originelle, produite de 1967 à 1972, d'abord avec un 6-cylindres en ligne puis avec un V8. Ces modèles sont aujourd'hui très rares. La DBS V12 que nous avons ici l'est nettement moins, elle est même assez présente sur le marché de l'occasion, principalement auprès de professionnels. Les exemplaires sont généralement en bon état, bien entretenus et peu kilométrés. Il faut dire qu'entre le coût de l'entretien et celui du carburant, une utilisation quotidienne paraît assez démesurée !

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Faut-il acheter une Aston Martin DBS ?


Véritable GT sportive à fort caractère, la DBS ne cache ses prétentions ni sur sa plastique agressive ni avec le tempérament de son moteur V12, à la fois savoureux, performant et authentique. Un modèle plein de charmes qui fait tant tourner la tête des puristes que des plus jeunes qui reconnaissent rapidement la star à quatre roues de "Casino Royal". Tablez 150 000 € pour accéder à collector avant l'heure.
 

3 arguments
3 contre-arguments
Ligne réussie
Moteur
Performances
Consommation élevée
Poids
Visibilité arrière


Référence article : AC34 • Version 3.1


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