AC08 • Citroën 2CV 6 Cocorico '86

Thomas DROUART      26 Mars 2016       Citroën 2 cylindres Françaises Années '80

AC08 • Citroën 2CV 6 Cocorico '86

La Citroën 2CV Cocorico devait être un symbole fort, celui de la réussite de l'équipe de France de football en 1986. Ce fut un échec... Mais les 2CV Cocorico étaient déjà prêtes à la commercialisation. Il a donc fallu retirer les décorations et faire oublier la vocation première de la toute dernière Citroën 2CV en série limitée. Mais comment cela a-t-il pu se passer ?

 

Fiche technique
 Modèle Citroën 2CV 6 Cocorico
 Moteur 602 cm3 2 cylindres à plat 29 chevaux
 Dimensions 3,83 x 1,48 x 1,60 mètre
 Masse 495 kg
 Commercialisation 1986          1 000 exemplaires
 Côte moyenne 7 000 €
 0 à 100 km/h 33"5
 Vitesse max 115 km/h
 Consommation 5,2 l/100 km
 Date et lieu 7 mars 2016, Mayenne
AC08 • Citroën 2CV 6 Cocorico '86

Parlons football. Remontons le temps en 1986. Peut-être étiez-vous cette année-là en train de regarder la coupe du monde de football ? Cette année-là, tout s'annonçait plutôt bien pour la France qui a battu l'Italie en huitième de finale, le Brésil en quart de finale et... C'est tout ! En demi-finale, la France s'incline face à l'Allemagne. Plusieurs dents ont alors grincé dont probablement celles de Serge Gevin. Pour ceux qui ne le connaissent pas, il s'agit d'un artiste peintre qui s'est intéressé de très près à la 2CV. Il est notamment l'auteur de la Charleston, dont il a dessiné les lignes en un week end à peine. On lui doit aussi la 2CV Suroît, la Rosalie, la Dolly et la Start. Sa dernière réalisation, c'est une 2CV qu'il réalise en collaboration avec Citroën pour commémorer la tant-souhaitée victoire des bleus. Nommée Cocorico, cette 2CV avait une odeur de victoire et elle devait être présentée juste après la finale...

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La 2CV de la réussite. La 2CV Cocorico, ce devait être la dernière deuche. La plus franchouillarde de toutes les deuches jamais produites. Serge Gevin avait donc mis le packet. Et comme l'événement à fêter était de la plus haute importance, l'hexagone se devait d'être à l'honneur. On retrouve ainsi sur notre Cocorico une livrée latérale incluant un dégradé allant du bleu au rouge en passant par le blanc mais aussi des stickers de ballons de football et autres éléments pour célébrer la gloire des footballeurs français. 1 000 exemplaires sont réalisés. Le 25 juin 1986, apr!s la défaîte, Citroën se retrouve dans l'embarras. Que faire de ces 2CV ? La solution fut simple : tous les éléments et stickers qui rappellent l'univers du football sont retirés. Extérieurement, seul le dégradé reprenant le drapeau français est conservé. Ainsi que les écussons spécifiques, cela va de soit.

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Esthétiquement discutable. La base de la 2CV Cocorico, c'est la version Special, la version d'entrée de gamme avec une livrée Blanc Meije. Les ailes sont peintes en rouge et le dégradé n'est qu'un vaste sticker recouvrant chaque face. Rapidement dégradés par le temps mais aussi par les rayons du soleil, ils ont été réédités dernièrement et peuvent ainsi remplacer ceux d'origine. Des enjoliveurs de roue prélevés sur l'Ami 6 sont également disposés, pour un côté plus haut de gamme. L'ensemble n'est pas au goût de tous, soyons francs. Cette 2CV séduit davantage pour sa symbolique (même si c'est discutable) que pour son réel intérêt esthétique. Les stickers auraient peut-être fait la différence, mais ce qui est fait est fait.

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Un flop. Toujours est-il que Citroën a fait les choses en grand pour rattraper l'échec footbalistique et faire en sorte que les mille 2CV Cocorico se vendent ! Une campagne publicitaire est rapidement mise en place, plaçant le coq - emblême de la France - au centre de l'affiche avec des messages incitant à l'achat et promouvoyant cette 2CV aux couleurs du drapeau national. Si l'issue du match avait été favorable aux Bleus, le sort de ce modèle n'aurait été qu'une formalité, c'est certain. Six mois après la commercialisation de la 2CV Cocorico, quelques exemplaires restent encore à vendre. Il faut se rendre à l'évidence : c'est un flop. Elle ne plaît pas. Les raisons en sont multiples. Il suffit de la comparer à la Charleston pour comprendre : la Cocorico a moins de prestance et est basée sur la version d'entrée de gamme Spécial, avec un équipement assez pauvre...

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Une malédiction. À l'avant, au niveau du volet sous le pare-brise, on retrouve l'inscription 2CV Cocorico. D'un point de vue esthétique, les modifications restent donc assez menues. L'audace se découvre en fait dans l'habitacle avec une sellerie en jean's. Visuellement, l'effet est relativement bon. Mais comme pour les stickers latéraux en dégradés, le vieillissement est très mauvais. Les coutures craquent, le tissu s'use et se perse. Une malédiction pour la 2CV Cocorico qui accumule les échecs. Cette dernière production de Serge Gevin accumule en effet les déboires. L'artiste signera une ultime 2CV, la "Chic", qui ne verra jamais le chemin de la série : il était temps pour la 2CV de se retirer, ne répondant plus aux normes et à la demande des utilisateurs.

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Visuellement cohérente. Les enjoliveurs de roue centraux proviennent de l'Ami 6, ils finissent bien la ligne et y apportent une touche d'élégance. À l'époque, des petits farceurs s'amusaient à retirer l'enjoliveur, y plaçaient un écrou ou une vis et remettaient l'enjoliveur, faisant croire à un problème mécanique ! Notons que les jantes blanches sont une première pour la 2CV, tout comme la teinte extérieure, ce qui fait que l'ensemble est visuellement tout à fait cohérent. Sous le capot, on retrouve l'habituel bi-cylindre dont la cylindrée atteint désormais 602 cm3, ce qui fait que la puissance fiscale atteint désormais 3 chevaux... Ce qui a perturbé plus d'un puriste. N'hésitez pas à jeter un œil sur les 30 anecdotes de la Citroën 2CV !

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Décoiffante. Avec 29 chevaux, la 2CV Cocorico affiche une puissance aujourd'hui dérisoire quand la moindre citadine affiche au minimum une soixantaine de chevaux... Mais avec un poids inférieur à 500 kg, cette icône affiche un tempérament plutôt joueur, avec un comportement unique en son genre et des suspensions décoiffantes. La boîte de vitesse est-elle aussi un monument à elle seule ! On enfonce, on tire, on ré-enfonce et on tire jusqu'au quatrième et dernier rapport, appelé la surmultipliée. La Citroën 2CV, c'est un art de vivre à elle-seule, un pied-de-nez aux modèles récents où l'électronique submerge le conducteur. Là, on a affaire à un modèle fiable et endurant... Et aussi l'un des rares modèles produits sans joint de culasse !

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Authentique. L'exemplaire ici illustré est entièrement dans son jus. Il est d'ailleurs toujours avec ses plaques d'immatriculation à fond noir, embossées et datant de 1986, en toute logique. Le dégradé a aussi disparu sur la portière arrière gauche, ce qui peut laisser supposer un remplacement de portière. Les pare-chocs sont défoncés à plusieurs endroits, les ailes frottées... L'état concours est bien loin mais l'authenticité de ce modèle frôle tout de même l'admiration. Notons également le cache calandre, pas très esthétique mais très pratique pour passer l'hiver sereinement. Difficile de savoir aujourd'hui combien de 2CV Cocorico authentiques restent concrètement en circulation. C'est un modèle encore trop récent pour attirer les collectionneurs tandis que l'image peu flatteuse de sa conception en a refroidit plus d'un !

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Chère 2CV. Sur le marché de l'occasion, les 2CV Cocorico sont relativement rares. Certaines sont restaurées et peuvent ainsi s'arracher jusqu'à 15 000 €, tandis que d'autres, comme celle-ci partiraient davantage aux alentours de 7 000 €. Comme toute 2CV, de nombreuses pièces existent et pour les Cocorico, il n'y aura aucune difficulté à se procurer des stickers de dégradés latéraux ni même les autocollants sous le pare-brise et sur la malle. Pour la sellerie en jean's, un bon nettoyage et un raffistolage maison redonnera de l'éclat à cet intérieur inédit. Le plus dur est de trouver une base intéressante en fonction de ses attentes : un modèle refait à neuf ou un modèle dans son jus, comme nous avons là...

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Elle fait parler. Avouons-le, elle a tout de même fière allure cette 2CV Cocorico. Elle est juste sortie au mauvais moment. Imaginez si elle avait été commercialisée en 1998... Elle aurait été sans nul doute un symbole encore plus fort, surtout avec ses stickers latéraux. Malgré tout, Citroën aura fait preuve d'audace et c'est un aspect qui caractérisa toute la carrière de la 2CV ! Souvent délaissée au profit de Charleston, elle n'en reste pas moins un modèle intéressant dont la valeur augmente d'années en années. Sur son passage, elle intrigue et tout le monde a son avis dessus, positif comme négatif !

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Rare et chère. À l'arrière, on retrouve les logos simplement imprimés sur la carrosserie et notamment le "2CV Cocorico". Il est encore possible de croiser des exemplaires dans les rassemblements de voitures anciennes. Pour dénicher un modèle d'occasion, les sites de petites annonces restent un acteur privilégié. La demande étant supérieure à l'offre, attention aux surcotes. Malgré sa rareté, la Cocorico demeure une 2CV "récente".

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La clé du succès. Sous cet angle, on retrouve la ligne caractéristique de la 2CV qui n'a quasiment pas évolué en 41 ans. La recette du succès ? Un prix de vente volontairement bas, de nombreuses séries spéciales et limitées dans le temps, beaucoup d'audaces et un comportement routier plutôt plaisant. Pour beaucoup de propriétaires de 2CV, il serait inconcevable de remplacer leur monture par autre chose qu'une autre 2CV. Et on le comprend aisément !

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Faut-il acheter une Citroën 2CV 6 Cocorico ?


La 2CV Cocorico n'est pas la plus audacieuse des 2CV... Mais son histoire assez insolite en fait un modèle cher dans le cœur de passionnés. Pas chère à entretenir, fiable et avec une bonne disponibilité de pièces détachées, c'est assurément un bon compromis pour collectionner. À l'achat, comptez près de 15 000 € pour un exemplaire en très bon état et aux environs de 7 000 € pour un modèle dans son jus. Cocorico !
 

3 arguments
3 contre-arguments
Livrée unique
Intérieur audacieux
Coût d'entretien
Vieillissement dégradé
Intérieur fragile
Cote élevée


Référence article : AC08 • Version 3.1


Commentaires