AE33 • Citroën 2CV 6 (AZ) Charleston '86

Thomas DROUART      23 Février 2016       Citroën 2 cylindres Françaises Années '80

AE33 • Citroën 2CV 6 (AZ) Charleston '86

La carrière de la Citroën 2CV s'est achevée sur ce qui devait être initialement une édition spéciale et limitée dans le temps. Mais le succès fut tel que la Charleston intégra le catalogue du constructeur aux chevrons. Mais qu'a-t-elle de plus que les autres ?

 

Fiche technique
 Modèle Citroën 2CV 6 Charleston
 Moteur 602 cm3 2 cylindres à plat 29 chevaux
 Dimensions 3,83 x 1,48 x 1,60 mètre
 Masse 495 kg
 Commercialisation 1980 - 1990
 Côte moyenne 10 000 €
 0 à 100 km/h NC
 Vitesse max 115 km/h
 Consommation NC
 Date et lieu 7 février 2016, Laval
AE33 • Citroën 2CV 6 (AZ) Charleston '86

Une réputation à asseoir. La 2CV a clairement battu des records de longévité. En 1980, après 31 ans de production, elle est toujours au mieux de sa forme, bien que les ventes s'amenuisent progressivement. Citroën décide alors d'optimiser son modèle phare en lui cédant un nouveau bicylindre porté à 602 cm3. Inéluctablement, les performances sont en hausse et le comportement routier en très nette hausse. La gamme est alors tirée vers le bas, avec la Spécial et sa couleur jaune caractéristique portée par les premiers exemplaires et vers le haut avec la Charleston qui coiffe la gamme tout en harmonie et en subtilité. C'est en 1980 qu'apparaît la Charleston sous la forme d'une série limitée à 8 000 exemplaires. Mais sa conception ne fut pas des plus classiques, c'est le moins que l'on puisse dire. Tout commence lorsque Citroën fait appel à Serge Gevin, un artiste peintre vascillant entre Paris et Sologne pour offrir une nouvelle livrée à la 2CV et ainsi prolonger pour quelques années encore sa carrière !

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Vite fait bien fait. Pour aboutir au dessin de la 2CV Charleston telle que nous la connaissons aujourd'hui, l'homme a demandé pour base "une 2CV rouge tirant sur le bordeaux, avec des ailes noires et des roues blanches". À coup d'adhésifs, de peintures et de pas mal d'huile de coude, il réalise en seulement un week-end le dessin de la Charleston, s'inspirant des modèles des années '20 ou '30 au niveau des couleurs. Citroën acceptera le prototype tel quel et lancera la production peu de temps après. C'est ainsi que naquit rapidement et efficacement la 2CV Charleston. Les arabesques latérales donnent du caractère et subliment la ligne tandis que le Rouge Delage et le noir donnent un aspect assez cossu à notre deuche nationale !

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L'apogée. Esthétiquement, la 2CV Charleston se remarque avant par sa livrée coquette et bien dessinée avec ses chromes mais aussi sa peinture mettant à l'honneur les courbes de ce modèle. Les jantes sont peintes de la même couleur que la carrosserie et couvertes d'un enjoliveur chromé emprunté à la Dyane, alors en production. À cela, les chromes subliment cette carrosserie et y apportent une indéniable touche d'élégance. Prévue à l'origine comme un modèle accessible, bon marché et pas nécessairement porté sur l'esthétique, la 2CV affiche désormais fièrement sa ligne qu'elle ne renie aucunement et reste fidèle à elle-même : simple et efficace. On en attendait pas moins avec cette version Charleston qui se veut l'aboutissement de la 2CV, une sorte de symbiose ou d'apogée qui signe aussi la fin de ce modèle, qui ne répond plus que partiellement aux normes de sécurité et de confort en vigueur.

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Les autres Charleston. C'est donc en 1980 que la Charleston arrive en France, telle que nous la voyons ici illustrée. Elle reçoit dans un premier temps exclusivement cette unique livrée associant Rouge Delage et noir. Cette série limitée à 8 000 exemplaires se reconnaît à son autocollant situé sur la partie droite de la malle. Il est de couleur blanche et laisse apparaître en défonce "2CV 6 Charleston". Ces 8 000 exemplaires écoulés, dès 1981, la Charleston apparaît au catalogue comme une version à part entière. Elle reçoit une sellerie dîte en pied-de-coq, qui s'apparente à un maillage épais de tissu noir et blanc. Les jeunes sont séduits par la Charleston, en hommage à la danse du même nom qui connut un franc succès dans les années '20 à '30. Dès 1982, Serge Gevin est de nouveau missionné par Citroën pour offrir une variante à la Charleston, la très rare jaune et noire, au succès mitigié à l'époque, mais très recherchée aujourd'hui. Viendra ensuite l'année suivante l'ajout d'un véritable sigle à la place de l'autocollant à l'arrière, la disparition de la Charleston jaune et noire et l'apparition d'un modèle gris et noir, plus conventionnel mais plutôt agréable à l'œil.

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Fausse modeste. La carrière de la Charleston continuera jusqu'en 1990 sans grandes modifications majeures. À partir du millésime '84, la partie noire s'étendra jusqu'au pare-brise. Quel que soit le millésime, de 1980 à 1990, la motorisation reste similaire, il s'agit du moteur de base de la 2CV 6, dont la cylindrée a grimpé en 1979 à 602 cm3. Ce bloc reçu un accueil mitigé du public. D'un côté, l'augmentation de la cylindrée a conduit au passage aux 3 chevaux fiscaux, remettant en cause le concept même de la 2CV ! Mais de l'autre, le gain de performances est sensible et même si les 29 chevaux affichés par notre 2CV Charleston paraissent très modestes (pour ne pas dire dérisoires !), il faut compenser avec un poids inférieur à 500 kg ! Les accélérations et reprises sont tout à fait correctes, le tout avec la sonorité si caractéristique du bi-cylindre qui envahit l'habitacle et augmente proportionnellement à la vitesse.

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Simple et efficace. La 2CV, ou deuche pour les intimes, c'est un véritable art de vivre. Son comportement très sous-vireur rend la conduite tonique et sportive. Pas besoin ici de 200 chevaux pour prendre du plaisir à la conduite. En outre, elle a l'avantage d'être facile à vivre et à entretenir, les ingénieurs CItroën, dès les années '30, étaient bien loin de l'optique d'une obsolescence programmée. Au contraire, il fallait que la 2CV puisse durer dans la temps. Partant de ce constat, tout l'entretien peut être réalisé assez facilement et demeure facile d'accès. Saviez-vous par ailleurs que la 2CV ne dispose pas de joint de culasse ? Quant au coût de cet entretien, il est volontairement très faible. La seule grosse dépense avec une 2CV, c'est au moment de l'achat ! Car certaines versions - et c'est le cas des Charleston - sont très recherchées.

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Surcoût pas si élevé. Si la Charleston a si longtemps occupé le catalogue Citroën, la raison est simple et concerne l'aspect financier. En 1988 par exemple, une 2CV Spécial (entrée de gamme) coûtait 35 900 FF tandis que la 2CV Club demandait 41 000 FF et la Charleston, seulement 41 700 FF. Un surcoût négligeable parfois négocié qui permettait d'accéder à une livrée exclusive, un grand compteur, un volant monobranche et d'une image plutôt flatteuse qui a su remettre sur le devant de la scène l'immortelle deuche. Depuis, les choses ont bien changé. Les Charleston sont désormais des voitures de collection recherchées dont la cote continue d'augmenter régulièrement. À noter que les exemplaires les mieux entretenus partent vite, et ce, même malgré un tarif placé dans la fourchette haute.

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Chère. Sur le marché de l'occasion, 10 000 € ne semble pas de trop pour acquérir une 2CV Charleston. Peu de propriétaires devaient s'imaginer lors de l'achat que cette voiture serait un réel investissement puisqu'ils pourraient la revendre plus chère que son prix d'origine ! Si la production s'était réellement tenue aux 8 000 exemplaires promis par la marque, la cote aurait été encore nettement plus haute. Quant à Serge Gevin, auteur de la Charleston, il s'attela à d'autres modèles d'autres déclinaisons, comme la 2CV Cocorico et la 2CV Start en 1987. Deux versions au style bien marqué qui ont également séduit de nombreux passionnés.

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Points à voir. Depuis 1984, c'est bien un sigle et non plus un autocollant qui pare la malle arrière. S'agissant d'une voiture à châssis séparé, il est indispensable de s'assurer de son bon état afin de déceler un éventuel choc antérieur ou plus simplement pour limiter les frais futurs. Car bien souvent, les 2CV demandent à être bricolées, ajustées afin de donner le meilleur d'elles-mêmes. Attention également à l'état de la carrosserie et principalement à la rouille perforante qui fait vite grimper le poste carrosserie pour une rénovation... Et pour passer le contrôle technique. Pour le reste, la 2CV Charleston, comme toutes ses consœurs plus traditionnelles, c'est du plaisir avant tout. Le plaisir de rouler dans une voiture dotée d'une âme, d'un caractère et typique d'une époque révolue.

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Faut-il acheter une Citroën 2CV 6 Charleston ?


Pour tout amateur de 2CV, la Charleston incarne un modèle bien à part. Elle offre un design audacieux et très réussi qui s'ajoute à un moteur robuste et fiable. Chère à l'achat mais peu coûteuse en entretien et en carburant, elle s'apprécie pour sa simplicité et sa conduite tonique. Vendues aux alentours de 10 000 €, les Charleston ne devraient pas décoter, bien au contraire...
 

3 arguments
3 contre-arguments
Ligne et coloris
Coût d'entretien
Performances en hausse
Très onéreuse
Vitesse limitée
Rouille possible


Référence article : AE33 • Version 3.1


Commentaires