AA74 • Porsche 911 (901) 2.2 T '70

Thomas DROUART      12 Janvier 2015       Porsche 6 cylindres Allemandes Années '70

AA74 • Porsche 911 (901) 2.2 T '70

Entre une Porsche 911 à six cylindres et la 912 qui se satisfaisait de quatre, l'écart financier était important. Il fut alors décidé en 1967 de proposer une version moins cossue de la 911, avec le moteur de cette dernière et l'habitacle de la 912 en revoyant l'équipement à la légère. Ce modèle est appelé Touring et se nomme donc 911 T, aux côtés de la L et de la S. Cette 911 est-elle intéressante ?

 

Fiche technique

Modèle Porsche 911 T
Moteur 2.2 6 cylindres à plat 125 chevaux
Dimensions 4,16 x 1,61 x 1,32 mètre
Commercialisation 1970          15 082 exemplaires
Côte moyenne 28 000 €
0 à 100 km/h 10"0
Vitesse max 205 km/h
Consommation 10,2 l/100 km
Date et lieu 22 octobre 2014, Le Mans
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Lorsque la 911 voit le jour en 1963, elle a la dure tâche de prendre la relève de la 356, au succès impressionnant. La production démarre avec une unique version, intégrant pour la première fois le 6 cylindres à plat dont la puissance affiche 130 chevaux. La gamme ne comporte qu'une unique version coupé. Et bien que l'accueil du public soit très bon, la petite stuttgartoise n'est pas particulièrement bon marché. En 1967, la gamme s'étoffe et reçoit le soutien d'une version S de 160 chevaux et d'une carrosserie Targa. L'année suivante, une version E à empattement rallongé de 140 chevaux, d'une version L bien équipée de 130 chevaux et d'une version d'entrée de gamme reprenant le moteur de la 356, la 912 de 90 chevaux.

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L'écart de prix entre 911 demeure toutefois très important. Trop important. C'est pour combler cet écart que Porsche réalise une troisième version de sa 911, la T. Pour Touring. Elle reprend la base et la carrosserie de la 912 mais préserve le Flat-6, avec la puissance descendue à 110 chevaux. L'exemplaire ici illustré est un modèle de 1970. Il bénéficie donc de l'augmentation de la cylindrée apparue l'année précédente. Son 2,2 litres développe désormais 125 chevaux. Les barres stabilisatrices sont désormais de série tandis que la boîte de vitesse reçoit quatre rapports ou cinq en optant pour transmission semi-automatique Sportomatic. On pourrait donc considérer cette 911 T comme l'entrée de gamme de la 911.

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Car l'autre facette de cette 911 T, cet exemplaire l'illustre particulièrement bien. Étant donné que le poids est plus réduit en raison d'un équipement moindre, elle s'avère un modèle adapté à une utilisation sur circuit. Plus puissante que la 912, un allègement supplémentaire permet à cette 911 de 125 chevaux de rivaliser pleinement avec la concurrence. Elle connaîtra d'ailleurs un beau palmarès en compétition, en témoignent les nombreux modèles préparés. Les millésime s '69 et '70, de par leur puissance ont la côte et certains exemplaires passent bien en dessous de la tonne.

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D'un point de vue esthétique, les 911 et 912 se ressemblent fortement. Par rapport à la 912, l'unique différence réside au niveau du logo arrière qui annonce la version. Dans l'habitacle, la 911 T reprend l'équipement de base de sa sœur à quatre cylindres et se reconnaît au tachymètre gradué jusqu'à 250 km/h et le compte-tours qui affiche 8000 tr/m au maximum. Les modifications sont donc subtiles et c'est surtout sur les options choisies que la T tire son épingle du jeu, permettant un allègement plus ou moins important suivant l'utilisation envisagée.

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Quel que soit l'angle sous lequel on la regarde, la 911 de première génération (code interne : 901 et 902 pour les 912) impressionne par sa ligne fluide et moderne. À sa sortie, les lignes fastback étaient très peu répandues. Et bien que les années '60 mettant en avant de belles courbes et des lignes bien structurées, la 911 réussissait l'exercice de joindre les deux et entrait de plain-pied dans la décennie '70. La ligne n'évoluera guère jusqu'en 1973. À ce moment, la génération "G" et ses pare-chocs à soufflets revisite la 911 mais en garde la majorité des traits.

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Le cahier des charges de la 911 imposait une jante légère, fiable et esthétique. C'est ainsi que la jante Fuchs naît sous le coup de crayon de Heinrich Klie, designer chez Porsche. Cette jante est proposée dès les débuts de la 911 et se caractérise par une structure en alliage, emboutie quatre fois jsuqu'à obtention de la forme finale. Elle est alors méticuleusement polie, anodisée et une partie seulement est peinte en noir mat. Véritable œuvre d'art, elle traversera les générations de Porsche 911 dans trois diamètres : 14, 15 et 16 pouces et reste encore aujourd'hui indissociable de l'image de la Porsche 911.

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Un blason rare figure sur le capot arrière de cette 911 T, celui du Porsche Club of America. Il s'agit du plus grand club d'une marque unique au monde. Il fut créé la même année que la 911 et compte aujourd'hui plus de 100 000 membres et figure généralement sur toute 911 appartenant à un de ses membres.

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En 1973, la commercialisation des 911 (901) cesse. En cause, des normes de sécurité américaines plus strictes. C'est notamment pour cette raison que la version Targa s'est dôté dès 1966 d'une lunette arrière rigide. La génération suivante de 911 améliorera sensiblement la sécurité des passagers et se reconnaît à des pare-chocs dont les extrémités ont des soufflets. Cette seconde génération ne connaîtra pas autant de versions que celle-ci. Elle consistera en de successives augmentations de la cylindrée, d'une version Turbo et d'un cabriolet !

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De nos jours, bien que tirée à plus de 15 000 exemplaires, une 911 T ne se trouve pas facilement. En effet, une part importante des modèles a pris place sur piste et s'est donc considérablement allegée, au point de devenir parfois de véritables versions S, comme c'est le cas avec l'exemplaire ici présenté. Il faudra tabler sur un budget de près de 30 000 € pour acquérir un bel exemplaire, avec un historique limpide et une carrosserie pas rongée par la corrosion. Et ç ce sujet, les 911 vieillissent plutôt bien. De nombreuses pièces mécnaiques continuent d'être fabriquées et leur coût n'est pas prohibitif. Les 125 chevaux suffisent largement à se faire plaisir, pourquoi s'en priver ?
 

Référence article : AA74 • Version 3.0


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