AA18 • Volkswagen Karmann Ghia (Type 14) '72

Thomas DROUART      21 Janvier 2016       Volkswagen 4 cylindres Allemandes Années '70

AA18 • Volkswagen Karmann Ghia (Type 14) '72

La Karmann Ghia, une ancienne dont la ligne n'a pas pris une ride et où le charme opère toujours. Basée sur la Coccinelle, elle est en fait la déclinaison sportive de la "voiture du peuple". Mais que vaut cette voiture dessinée par Ghia, assemblée par Karmann et vendue par Volkswagen ? Tient-elle sa promesse de coupé sportif ?

 

Fiche technique
 Modèle Volkswagen Karmann Ghia
 Moteur 1.6 4 cylindres à plat 50 chevaux
 Dimensions 4,14 x 1,63 x 1,32 mètre
 Masse 870 kg
 Commercialisation 1971 - 1974
 Côte moyenne 15 000 €
 0 à 100 km/h NC
 Vitesse max 138 km/h
 Consommation NC l/100 km
 Date et lieu 8 novembre 2015, Mayenne
AA18 • Volkswagen Karmann Ghia (Type 14) '72

Type 14. Le premier ressenti lorsque l'on se retrouve face à une Volkswagen Karmann Ghia, c'est souvent de l'admiration. Quelle ligne ! Pour mieux comprendre le rôle joué par ce modèle, revenons quelques décennies en arrière. Au début des années '50, la Coccinelle est au mieux de sa forme et la marque Volkswagen, alors récente, connaît une croissance remarquable, qu'elle pérennise en créant le Combi, toujours sur base de Volkswagen. Mais rapidement, des carrossiers italiens s'intéressent à ce modèle prometteur. C'est ainsi que le carrossier Ghia s'associe à Volkswagen pour proposer une nouvelle carrosserie à la Coccinelle, plus dynamique, plus raffinée et plus sportive aussi. Quant à l'assemblage de l'ensemble, c'est Karmann, un fabricant automobile indépendant allemand qui s'en chargera. Officiellement, ce coupé sportif ne s'appelle pas Volkswagen Karmann Ghia mais Volkswagen Type 14. Néanmoins, la postérité conservera comme désignation l'assemblage des noms de ces trois grands groupes.

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Modeste. Lors de la sortie de la Ghia en 1953, l'accueil du public est toutefois assez mitigé. Certains détracteurs lui reprochent une grande ressemblance avec la Chrysler Coupé d'Élégance dont elle reprend certains traits caractéristiques mais c'est surtout sa faible puissance (dont l'intégralité de la mécanique est reprise telle quelle) de la Coccinelle qui déçoivent. Dès lors, Volkswagen, qui misait beaucoup sur sa Type 14 se retrouve dans une situation délicate. Il faut agir et vite. La solution vient en 1958, avec une déclinaison cabriolet. Diverses évolutions interviennent alors, tant d'un point de vue esthétique qu'au niveau du moteur, avec une cylindrée en constante hausse, passant de 30 à 44 chevaux. Puis nous arrivons en 1971, date à laquelle la gamme Ghia évolue en profondeur.

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L'ultime évolution. C'est d'ailleurs de cette dernière évolution de la Type 14 que nous parlerons ici, avec un exemplaire rouge flamboyant. En 1971, les pare-chocs de la Ghia évoluent avec des chromes sur toute la longueur, sans superflu et une bande noire centrale. Les clignotants et feux arrières deviennent nettement plus volumineux tandis que la planche de bord est modernisée avec deux grands compteurs centraux. Pour le reste, la carrosserie reste fidèle à elle-même : simple, épurée et terriblement gracieuse. Pour beaucoup, elle symbolise le romantisme et le parfait compromis entre la rigueur d'une mécanique allemande d'après-guerre et le raffinement d'une voiture italienne, avec une belle ligne. Il n'en fallait pas moins pour faire durer la carrière de la Karmann Ghia jusqu'en 1974 !

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Coup de cœur. Tout dans cette ligne est là pour rappeler la grâce des années '50. La ligne générale a très bien vieilli, avec ses galbes, ses chromes mais aussi son 4-cylindres à plat à l'ancienne mais fort d'une belle sonorité ! D'un point de vue mécanique, la Ghia de 1971 gagne 6 chevaux et en affiche désormais 50. Elle bénéficie pour l'occasion d'une boîte de vitesse manuelle à quatre rapports ou automatique à trois rapports. Son faible poids (870 kg) lui permet d'offrir des performances correctes mais pas décoiffantes. L'habitacle est assez spartiate, sans fioriture mais offre un confort relativement correct, avec des sièges bien dessinés et un somptueux volant. Quant à l'équipement, bien que chiche, il est de qualité. L'achat d'une Karmann Ghia commence souvent par un coup de cœur !

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Charme d'antan. La Ghia dispose de freins à disque à l'avant et de tambour à l'arrière. Les pneus à flanc blanc accueillent des jantes de 15 pouces en acier et généralement couvertes d'un enjoliveur chromé. L'exemplaire que nous avons ici ne dispose pas de ces enjoliveurs, fréquemment volés... Certains peu scrupuleux glissaient des clous derrière l'enjoliveur, laissant penser à un problème mécanique en raison des tintements ! Le comportement routier de la Ghia est globalement bon, surtout depuis que la transmission a été revue. Les quatre roues indépendantes améliorent la tenue de route. La vitesse de pointe avoisine désormais les 140 km/h depuis la dernière montée en puissance, qui demeure toutefois assez faible face à la concurrence naissante des années '70.

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Ritale. Sous le trois-quarts arrière, on retrouve quelques similitudes dans la ligne avec la Porsche 356 mais aussi avec quelques modèles italiens, dont d'anciennes Alfa Romeo. Mais à cela, la Karmann Ghia y ajoute un avantage non négligeable : un entretien très peu onéreux puisqu'elle dérive directement de la Coccinelle, avec entre autres, le fameux carburateur Solex. Les grands feux arrière sont caractéristiques des quatre derniers millésimes du modèle, tout comme le lettrage assez épais Volkswagen à l'arrière gauche. Notons aussi la double sortie d'échappement, qu'il était assez rare d'afficher pour un modèle dont la commercialisation a débuté en 1955 !

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Histoire de famille. Mais malheureusement, comme beaucoup de modèles anciens, les Ghia sont sujettes à la rouille. C'est d'ailleurs bien souvent la carrosserie qui rend l'âme avant le moteur lui-même. Toutefois, le marché est assez fournie et offre un large choix de modèles, dont un rapport de proportion à peu près équivalent entre coupés et cabriolets. Des modèles customisés sont aussi proposés pour les amateurs de ce type de modèles. Un second modèle Ghia a existé dès 1961, elle était surnommée "la grande Karmann" tandis que son appellation officielle est Type 34. Ancêtre de la Porsche 914, son prix élevé fit qu'elle n'eut pas le succès attendu, laissant le prestige à sa petite sœur, la Type 14 dont nous avons un très bel exemplaire ici.

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Polyvalente. Le marché de l'occasion fait bien la différence entre les différents modèles. Les plus anciens coupés Karmann Ghia en bon état sont très recherchés par les collectionneurs. C'est notamment le cas des cabriolets de 1958 tandis que les derniers millésimes, de 1971 à 1974 dont fait partie notre Ghia rouge, le sont tout autant. En effet, ils gagnent en polyvalence, peuvent s'utiliser au quotidien et disposent toujours de cette ligne si incroyable. Dès lors, il est bien difficile de faire un choix. Le plus raisonnable est de voir suivant ses besoins et le besoin de polyvalence ou non. Toujours est-il que quel que soit le millésime, la Karmann Ghia n'est pas une sportive ! Ses charmes sont tout autre, c'est le genre de modèle que l'on prend à plaisir à conduire le long d'un bord de mer durant une longue soirée d'été...

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Simple et efficace. Il est très difficile de résister à cette ligne typique des années '50. Cette Rolls Royce de la Coccinelle ne manque pas d'atouts et s'apprécie pour sa simplicité et son excellent confort. Mécaniquement, le bilan est un peu moins bon et elle est dépassée sur bien des points. Mais comme de nombreuses anciennes "sportives", c'est un art de vivre que l'on achète !

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Faut-il acheter une Volkswagen Karmann Ghia ?

Comptez aux alentours de 15 000 € pour une Karmann Ghia en très bon état. Pour un modèle rare, dotée d'une rare combinaison de couleurs ou bien dans un état concours, la somme peut facilement doubler ! Assez recherchées de nos jours, les Ghia ont cet avantage de n'être que peu coûteuses en entretien et de ne pas consommer démusurément de carburant. C'est donc un achat plutôt raisonnable... Qui ne décotera pas !
 

3 arguments
3 contre-arguments
Ligne très réussie
Confort
Aucune décote à prévoir
Cote élevée
Performances moyennes
Beaucoup d'exemplaires customisés


Référence article : AA18 • Version 3.1


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