Faut-il acheter les voitures les moins chères du marché ?

Thomas Drouart      24 Novembre 2016       Actualité Guide d'achat

Faut-il acheter les voitures les moins chères du marché ?

Vous vous demandez peut-être quelles sont les voitures les moins chères à l'heure actuelle ? Nous avons enquêté et recherché 7 modèles parmi les plus économiques. Sans surprise, nous y trouvons une grande majorité de citadine. Nous le verrons, l'équipement, quant à lui, est des plus dépouillés. Mais est-ce un mal ?


La Suzuki Celerio : pas de rab' à la cantoche

Faut-il acheter les voitures les moins chères du marché ?

Si vous cherchez le modèle le moins cher à l'heure actuelle, nous avons la réponse, elle s'appelle Suzuki Celerio. Cette minicitadine en vente depuis 2015 se veut branchée et moderne et promet d'accueillir jusqu'à 5 personnes à bord. Sur le site de Suzuki, on vente un prix de base de 8 990 €, pour ne pas dire 9 000 €. On y découvre de belles images, d'un exemplaire bleu avec de sympathiques jantes alu.

Mais dans les faits, pour 8 990 €, il faudra renoncer à pas mal de chose. Exit la peinture métallisée sur cette finition Avantage, il faudra accepter une teinte unie blanc mais avec les pare-chocs peints. Les jantes alliage ont cédé leur place à des jantes tôle sans enjoliveurs tandis que l'essuie-glace arrière disparait également.

Dans l'habitacle également, il ne reste que le minimum vital. Les vitres électriques fonctionnement désormais à l'huile de coude, le compte-tour est aux abonnés absents tandis que l'autoradio cède sa place à une gueule béante sur la console centrale. En revanche, la mécanique est un moderne 3 cylindres de 68 chevaux, particulièrement économique à l'usage.

Et notons tout de même la présence de l'ESP, du système Stop&Start, d'un indicateur de pression des pneus, de la direction assistée, d'un voyant indiquant le moment idéal pour changer de rapport et même six airbags. Le bilan n'est donc pas si catastrophique.
 


Nous accordons une note de trois navets à la Suzuki Celerio Avantage. Si elle est plutôt avare en équipement d'agrément ou esthétique, elle compense par une mécanique moderne et des équipements de sécurité dans la bonne moyenne. On peut dire que les choix opérés pour réduire la note finale ont été plutôt judicieux !


Dacia Logan : la star

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Quand elle est apparue en France en 2004, la Dacia Logan a immédiatement connu un grand succès. Il faut dire qu'une berline habitacle à un prix modique, c'est plutôt intéressant. Certes, l'équipement n'est pas des plus aboutis, mais il offre en contrepartie une excellente fiabilité. Et ce point là, de nombreux utilisateurs y sont très attachés.

Pour offrir un prix d'appel à 7 790 €, Dacia a du faire des concessions sur sa Logan Base. Esthétiquement tout d'abord, il faut choisir entre deux teintes : du blanc ou le bleu Navy, un bleu très foncé. Les pare-chocs sont en plastique brut tandis que les jantes sont en acier gris, avec un mini enjoliveur. Ce que beaucoup d'utilisateurs ignorent, c'est qu'il est possible d'avoir les pare-chocs peints couleur carrosserie pour 90 €, et des jantes tôles traditionnelles noires avec de vrais enjoliveurs... Gratuitement !

D'un point de vue mécanique, seul le 1.2 16V de 75 chevaux est proposé. C'est un moteur robuste et fiable. L'équipement est passable avec des airbags, l'ABS, un dispositif de surveillance de trajectoire et même l'ESP. La banquette est du type 1/3-2/3 tandis qu'une fixation Isofix a même été disposée. La direction assistée est aussi de série et c'est un bon point. En revanche, pas d'autoradio, pas de vitres électriques et pas de fermeture centralisée à distance, mais on ne peut pas tout avoir !
 


Convenons-en, l'équipement de la Dacia Logan de base n'a rien d'exceptionnel. Mais il est suffisamment complet pour un usage basique. L'esthétique n'a pas été privilégiée mais c'est rarement un critère premier quand on recherche une voiture à faible budget. Et pour 90 € seulement, on peut bénéficier de vrais jantes tôle avec enjoliveurs et de pare-chocs peints. L'investissement (si on peut l'appeler en tant que tel) reste raisonnable et constituera un sérieux atout à la revente. Cela mérite donc quatre navets sur cinq.


Skoda Citigo : l'urbaine pas (trop) chère

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Née en 2012, la Skoda Citigo est issue d'une fratrie de triplées, aux côtés de la Volkswagen Up et de la Seat Mii, dont les prix d'appels sont respectivement de 10 400 et 9 765 €. Avec un prix d'appel à 9 500 €, La tchèque est un peu meilleur marché. Mais cette petite citadine branchée, pour ce tarif, n'est pas des plus concurrentielles.

Esthétiquement, il faudra se contenter de la version 3-portes puisque celle disposant de portes à l'arrière entraine un surplus. Les pare-chocs sont peints, les jantes en tôle accueillent de petits enjoliveurs bien peu ragoutants. Il y a un essuie-glace arrière. Autant dire que le design reste correct. Dommage qu'il faille se contenter de l'unique teinte blanc métal. Le rouge et le jaune, non métallisés également, demandent un effort de 250 € supplémentaire.

Sous le capot, le 3-cylindres de 60 chevaux exécute correctement sa tâche. Malgré un poids total proche de la tonne, les performances restent correctes et la consommation relativement basse. Un très bon point.

Parlons maintenant des équipements. La banquette arrière est rabattable, il y a la direction assistée, quatre airbags et c'est à peu près tout, puisque la fermeture centralisée à distance n'est accessible qu'à partir du second niveau de finition (Ambition).
 


Au final, nous n'accorderons qu'un navet et demi à la Skoda Citigo d'entrée de gamme. Si l'ensemble reste correct, il reste nettement moins intéressant que d'autres modèles présentés sur cette page. L'absence de fermeture centralisée, notamment, est plutôt pingre.


Fiat Panda : le service minimum

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La Fiat Panda de troisième génération est arrivée en 2012. Elle s'est alors imposée comme un modèle d'entrée de gamme en essayant de toucher un public plus jeune. Elle dispose d'un design plus chatoyant. Sauf en version "Panda". Là, il n'y a que le minimum syndical.

Esthétiquement, il n'y a pas de différences avec la version Pop. Les pare-chocs sont peints, les jantes sont en tôle avec des enjoliveurs. Les rétroviseurs ne sont pas peints mais on ne peut pas tout avoir, surtout pas à ce prix. Une teinte unique est proposée : le blanc. Mais en option, pour 450 €, on peut avoir du rouge, du gris, de l'orange ou du noir. C'est pas donné.

Une unique motorisation au catalogue, le 4-cylindres 1.2 8V de 69 chevaux. Un moteur pas tout jeune mais suffisant pour une utilisation urbaine. Surtout que la Panda demeure assez légère.

Au niveau des équipements, c'est le minimum vital. Vendue 1 000 € de moins que la version Pop, cette version "Panda" n'est pas des plus recommandables. Elle omet la climatisation, les appuie-têtes arrières, l'autoradio, la fermeture centralisée, le réglage du volant en hauteur et les vitres électriques.
 


Avec un seul navet sur cinq, la Fiat Panda d'entrée de gamme n'est pas un bon choix. La revente d'un tel modèle s'avèrerait en plus assez compliquée. Mieux vaut donc se tourner vers la finition supérieure Pop, à partir de 10 490 €, nettement mieux dotée ou bien s'orienter vers un autre modèle. Pour près de 9 500 €, il y a mieux.


Smart Fortwo : la minicitadine branchée

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La Smart Fortwo n'a jamais été réputée pour son caractère bon marché. La troisième génération repose sur la base de la dernière Renault Twingo. Stricte propulsion, elle accueille dans 2,70 mètres de long deux personnes à bord au maximum. Son design est un atout qui a largement contribué à son succès. Mais peu de personnes savent que le prix d'appel de la Smart est inférieur à 10 000 € !

Nommée Pure, la Smart Fortwo a moins de 10 000 € a fière allure. Elle dispose d'une partie centrale proposée en trois coloris sans surcoût : noir, blanc ou rouge et de contre-portes noires. Les pare-chocs sont peints. Seules les jantes tôles à enjoliveurs et l'absence de phares anti-brouillards trahissent cette version d'entrée de gamme.

Une unique motorisation est proposée, c'est le 3-cylindres de 1.0 litre développant 61 chevaux. C'est assez peu mais cette mini-citadine ne dépasse pas les 750 kg. Pour une utilisation urbaine, c'est amplement suffisant. En revanche, sur route et autoroute, le manque de puissance pourra se faire ressentir, entrainant une consommation haute.

L'équipement est passable. Étonnamment, le système Stop&Start est de série, les vitres électriques, l'ESP et l'ABS, deux airbags, la fermeture centralisée et le siège passager rabattable. Pour la direction assistée électrique, il faudra l'ajouter en option, surtout pour les usages urbains intensifs. Heureusement, la voiture reste légère et l'absence n'est pas des plus handicapantes.
 


La Smart Fortwo n'est pas l'affaire du siècle. Mais le compromis offert par cette version d'entrée de gamme Pure est tout à fait correct. D'un point de vue esthétique, c'est un sans-faute. Au niveau des équipements de confort comme pour ceux inhérents à la sécurité, le bilan est également bon. Si elle avait été affichée 500 à 1 000 € moins chère, nous lui aurions accordé le cinquième navet.


Ford Ka+ : la petite nouvelle

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Ford a fait un choix plutôt audacieux au sein de sa gamme en la réorganisant : la Fiesta va monter en gamme. La Ka cède sa place à la Ka+. Si le nom s'inspire de l'ancienne, tout a changé et cette récente Ka+ joue dans la cour des grandes. Elle constitue un prix d'appel à 9 990 € et entend bien tailler sa part du lion.

Esthétiquement, l'avant est assez plongeant, contrairement à l'arrière qui est plutôt massif mais bien dessiné. La ligne générale n'est pas désagréable avec des pare-chocs peints, des jantes tôles traditionnelles équipées d'enjoliveurs - pas des plus jolis - mais ils ont le mérite d'exister. Si les couleurs proposés sont vives (du bleu, du jaune, du rouge et du orange), il faudra s'acquitter d'un supplément (200 € pour le jaune, 500 € pour les autres). Car pour moins de 10 000 €, c'est blanc ou rien !

La motorisation de base est un moteur 4-cylindres de 1.2 litres délivrant 70 chevaux, couplé à une boîte manuelle à cinq rapports. Une puissance correcte pour un usage principalement urbain, bien que ce bloc ne soit pas de première fraicheur.

L'équipement inclut de série six airbags, les vitres et rétroviseurs électriques, une banquette arrière 2/3-1/3, le verrouillage centralisé, l'antipatinage et le régulateur de vitesse. Tout le nécessaire est donc présent. La version supérieure ne s'impose donc aucunement pour un usage classique.
 


La Ford Ka+ en finition Essential mérite selon nous amplement ses 4 navets. Affichée à moins de 10 000 €, elle offre l'essentiel (elle a vraiment été bien nommée) sans aller dans l'excès. Recourir à quelques options permettra de gagner en confort mais là encore, rien n'est obligatoire.


Opel Karl : la bonne élève

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En présentant sa Karl en 2015, Opel n'a pas révolutionné le secteur des mini-citadines à moins de 10 000 €. Mais la marque est parvenue à concurrencer avec un modèle dans la bonne moyenne et un moteur plutôt vigoureux.

Esthétiquement, on notera une calandre et des phares reprenant les codes stylistiques de la marque. La partie arrière est sans grande fantaisie et il ne est de même en ce qui concerne le profil. De série, seule la peinture blanche est proposée. Les montants de portière ne sont pas noirs, les rétroviseurs ne sont pas peints et les jantes tôle sont couvertes d'enjoliveurs.

Le moteur est un récent 3-cylindres d'un litre de cylindrée délivrant 75 chevaux. Avec une masse légèrement sous la tonne, c'est parfaitement suffisant pour un usage urbain et la consommation moyenne reste basse.

Les équipements de sécurité sont présents, avec les airbags, la direction électrique ou encore l'ABS. Ajoutons à cela l'aide au démarrage en côte, des fixations Isofix ou encore l'ordinateur de bord. Toujours de série, les vitres sont teintées et il y a un contrôle de l'état des pneumatiques. Il manque toutefois les vitres électriques, le réglage en hauteur du siège conducteur ou un pare-soleil avec miroir de courtoisie.
 


L'Opel Karl est un bon compromis mais nous ne lui accorderons que trois navets sur cinq. Si la dotation est correcte, cela pourrait être mieux, surtout pour près de 10 000 €. À titre de comparaison, la Ford Ka+ est plus intéressante au niveau prix/équipements.


Comment faire le bon choix ?

Détournement de "Saint Jean-Baptiste", de Léonard de Vinci.

Détournement de "Saint Jean-Baptiste", de Léonard de Vinci.

Les modèles présentés ci-dessus sont tous affichés sous la barre symbolique des 10 000 €. On pourrait alors penser qu'ils constituent de bons moyens de faire des économies. Il est vrai que certains sont très attractifs avec un équipement correct. D'autres, en revanche, sont moins intéressants. D'une manière générale, si vous envisagez un achat sur le long terme, ces voitures sont de très bons choix. Mais pour un achat de moins de cinq ans, ce n'est pas forcément le plus judicieux. Souvent proposés dans des tons "classiques", avec de petites motorisations et un équipement chiche, ils attirent assez peu d'acheteurs puisque l'écart de prix se compensera au fil des années avec les modèles en finition supérieure, qui seront privilégiés. Pour revendre, il faudra les brader...

Vous ne trouvez pas votre bonheur ? Pourquoi ne pas choisir un modèle d'occasion, comme en propose Vivacar ? Avec 10 000 € ou moins, vous n'aurez que l'embarras du choix !


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