Une inédite Chaire sur les moteurs électriques avec Renault

Thomas Drouart      14 Septembre 2016       Actualité

Une inédite Chaire sur les moteurs électriques avec Renault

Derrière cette citation un brin vantarde, la journée de lundi fut pleine d'informations. Renault a tissé un partenariat avec l'École Centrale de Nantes et j'étais invité au sein de cet établissement, accompagné d'une dizaine de journalistes pour communiquer à ce sujet, pour l'inauguration d'une Chaire. Plutôt qu'un compte-rendu, analysons le contexte. Prêt(s) ?


Une Chaire sur les moteurs de demain

Une inédite Chaire sur les moteurs électriques avec Renault

Autour de la table, Arnaud Poitou, directeur de l'École Centrale de Nantes prend la parole. "55 % du budget de l'établissement est consacré à la recherche". Cela donne la couleur. Plus que du concept pur, le chef d'établissement met l'accent sur les compétences et l'accession rapide et facilitée des étudiants à l'emploi. L'ordre du jour, c'est la signature d'une Chaire d'un genre nouveau consacrée à la recherche et l'enseignement de la performance de la propulsion électrique automobile. Le partenariat est tissé avec Renault, pour une période de 5 ans et un coût dépassant les 4,5 millions d'euros. "Renault et le véhicule électrique, c'est un engagement", rapporte Philippe Schulz, directeur de l'ingénierie électrique chez le constructeur au losange", dont le 100 000ème modèle électrique vient de quitter les usines. "Nous sommes et resterons les leaders de l'électrique", ajoute-t-il. "Travailler avec les meilleurs" est un argument solide pour la vingtaine d'étudiants qui rejoindront cette Chaire enseignée par Malek Ghanès.

 


Tesla ? "Je n'ai rien à en dire"

Une inédite Chaire sur les moteurs électriques avec Renault

Parler de la concurrence, c'est un sujet tabou pour le directeur de l'ingénierie. Le discours est clair, "Renault-Nissan a investi plus de 4 milliards d'euros pour l'électrique" et la "fiabilité n'est à aucun moment controversé". Quelques questions qui fâchent viennent enrichir le discours, notamment concernant l'autonomie. "C'est une fausse question", clôt Philippe Schulz qui démontre que ce paramètre n'a rien de représentatif, qu'il suffit d'embarquer plus de batteries mais aussi que les progrès à faire ne concernent pas que la batterie, mais aussi le calculateur et l'optimisation des systèmes. Le programme de la Chaire sera donc relativement complet. La Chaire est signée et nous sommes autorisés à visiter les locaux de l'École Centrale, et notamment l'équipement sur lequel travailleront les étudiants. Un privilège rare. Et bien que quelques rideaux tendus viennent occulter quelques systèmes sensibles, nous sommes ressortis avec du concret ! Encore merci à l'École et Renault pour cette visite.

 


Un équipement à la pointe

Une inédite Chaire sur les moteurs électriques avec Renault

Les étudiants auront des équipements de pointe. Philippe Schulz ira jusqu'à qualifier les lieux de "laboratoire d'excellente". L'objectif sera de travailler sur trois axes : contrôle robuste des moteurs électriques de traction, pour développer des systèmes endurants, contrôle et gestion des systèmes de charge embarquée afin de parfaire les batteries et les éléments juxtaposés (les batteries sont conçues et réalisées par LG) ainsi que l'optimisation du potentiel énergétique de systèmes de motorisation hybrides. Un banc spécialement destiné à l'usage des voitures électrique sera réalisé afin d'opérer des mesures très précises. L'objectif de la marque au losange, c'est de tirer partie de cette Chaire, en permettant aux motorisations d'évoluer vers une plus grande fiabilité, stabilité et autonomie. "Zéro émission... à l'échappement", telle est la devise logique. Quant au déclin du Diesel, la question a été subtilement esquivée pour rebondir vers l'électrique. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'École Centrale dispose en effet d'un matériel de pointe.

 


Quelques points à retenir, en photos

Malek Ghanès sera le professeur de Chaire sur la performance des véhicules électriques. Il pose devant une Renault Zoé destinée à des recherches sur la voiture autonome.

Malek Ghanès sera le professeur de Chaire sur la performance des véhicules électriques. Il pose devant une Renault Zoé destinée à des recherches sur la voiture autonome.

Le banc de puissance se contrôle à l'aide de deux personnes. Une, au poste de conduite devra respecter des vitesses à ne pas dépasser afin de construire des parcours types tandis qu'une seconde, sur ordinateur, récoltera les informations.

Le banc de puissance se contrôle à l'aide de deux personnes. Une, au poste de conduite devra respecter des vitesses à ne pas dépasser afin de construire des parcours types tandis qu'une seconde, sur ordinateur, récoltera les informations.

Mieux vaut ne pas être allergique ni aux mathématiques, ni à la physique, ni même à la chimie !

Mieux vaut ne pas être allergique ni aux mathématiques, ni à la physique, ni même à la chimie !

Avant de se consacrer à l'hybride, chez Renault, on privilégie l'électrique. Mais cela n'empêche pas la marque de travailler déjà sur des systèmes bi moteurs.

Avant de se consacrer à l'hybride, chez Renault, on privilégie l'électrique. Mais cela n'empêche pas la marque de travailler déjà sur des systèmes bi moteurs.

Pour un maximum de précisions, tout se joue au millième de seconde.

Pour un maximum de précisions, tout se joue au millième de seconde.

Cela fait déjà 5 ans que Renault travaille sur des modèles électriques. Les avancées sont déjà significatives.

Cela fait déjà 5 ans que Renault travaille sur des modèles électriques. Les avancées sont déjà significatives.

Gagnant-gagnant ?


Cette Chaire remplit donc un double objectif. Pour l'école, c'est avant tout un privilège de pouvoir travailler avec un acteur tel que Renault. Pour cette dernière, cela pourrait permettre d'accroître rapidement le potentiel de ses productions. La Renault Zoe n'a pas connu d'avancées spectaculaires visibles, depuis son lancement, si ce n'est la version R240 qui n'a accru l'autonomie que d'une trentaine de kilomètres. Mais tout se joue en réalité dans les entrailles même du moteur et des technologies qui lui sont propres, comme le calculateur. Nul doute que former du personnel à ces technologies saura créer un cadre propice à des évolutions. Surtout que Renault ne ferme aucune porte, comme la pile à combustible ou même un développement plus large de sa gamme électrique.


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