Histoires de constructeurs automobiles #7

Thomas Drouart      31 Août 2016       Actualité Informations Histoires de constructeurs

Histoires de constructeurs automobiles #7

Pour beaucoup, créer sa propre marque de voiture est un vieux rêve. Certains l'ont concrétisé. Je vous propose de découvrir l'histoire pas comme les autres de constructeurs automobiles. De leur passion, de leur détermination mais aussi de leur caractère ! Et vous, avez-vous l'âme d'une de ces personnes ?

Dans chaque article Histoires de constructeurs, vous découvrirez le portrait de fondateurs de quatre marques automobiles. Ces hommes et ces femmes sont parvenus à concrétiser leur rêves... Le plus intéressant est de connaître leur motivation et le pourquoi. Vous le verrez, il y a parfois des surprises ! Dans ce septième numéro, les portraits des auteurs des marques Abarth, Donkervoort, Mazda et Rosengart.

Histoires de constructeurs automobiles #7

Dates
Né le 15 novembre 1908 à Vienne et mort le 24 octobre 1979, toujours à Vienne.

Sa passion
Mécanicien dans l'âme, Karl Abarth (il ne se fera appeler Carlo que plus tard) est autrichien. Il entre dans une écurie de moto à seulement 19 ans et en ressort un beau palmarès. Mais plusieurs accidents lui enlèvent l'envie de piloter des deux-roues. Il se consacre alors à l'automobile. Il rejoint son père en Italie où Karl devient Carlo pour une consonnance plus locale. Il travaille alors à la modification et la vente d'échappements et cotoie déjà des grands noms, comme Ferry Porsche, le fils du fondateur de la marque éponyme. Sa passion le pousse à toujours aller plus loin. Il devient conseiller pour Piero Dusio, richissime pilote, et lui fournira des voitures. Carlo Abarth devient alors directeur technique et sportif du pilote dont le nom est modifié en Cisitalia.

Sa marque
Carlo Abarth devient indépendant en 1949. Il récupère alors trois châssis de roadster ainsi que des pièces pouvant resservir. Il est alors rejoint par Armando Scagliarini, père d'un pilote du pilote Cisitalia. Le scorpion devient le symbole de la marque, en référence au signe astrologique de Carlo. 32 personnes travaillent alors chez Abarth. Quelques engagements en compétition sont à noter mais sans grands succès. Et puis les choses s'accélèrent. Les modèles revus par Abarth sont adorés par le public. Bien que modestement motorisé, ils sont légers et le style séduit. Une Simca Abarth de 670 kg atteindra même les 270 km/h. Abarth est alors à son apogée, les plus grands carrossiers travaillent avec lui tandis que le palmarès en compétition ne fait que s'allonger. Encore aujourd'hui, les modèles Abarth continuent d'exister.

Ses secrets pour réussir
Carlo Abarth a fait en sorte de concrétiser ses rêves et de s'en donner les moyens. Il n'a pas hésité à déménager pour aller là où il y avait du travail. Il a alors donné son maximum pour innover et parfaitement donner satisfaction. De là, il a eu l'audace de se lancer et de croire en son projet jusqu'au bout.


Anecdote
Un moteur V12 de 6 litres fut à l'étude chez Abarth mais rapidement abandonné à cause de diverses règlementations.

Source informations : mesminiatures.com

Histoires de constructeurs automobiles #7

Dates
Non communiquées...

Sa passion
Joop Donkervoort est un grand passionné de l'automobile. Sa devise est similaire à celle de Colin Chapman : "Light is right". Il devient rapidement distributeur de Lotus Seven puis de Caterham avant de devoir cesser son activité à cause de la réglementation en vigueur. Mais cela ne l'arrêtera pas. Bien au contraire. Ce néerlandais voit cela comme un tremplin vers une nouvelle vie : il va enfin pouvoir devenir constructeur automobile. Bien sur, tout ne s'est pas fait du jour au lendemain. Les modèles Donkervoort sont dépouillés à l'extrême pour réduire au strict minimum le poids. Pas de direction assistée ni même d'ABS : tout est à l'ancienne.

Sa marque
À contre-courant des tendances du moment, Donkervoort a rapidement ses adeptes. Elles pèsent moins de 700 kg et offrent des performances de premier ordre. Ses modèles font le tour du monde et la fabrication demeure artisanale, avec 25 employés. Fournies par Ford dans un premier temps, les motorisations seront ensuite d'origine Audi. La plus puissante est commercialisée depuis 2012, il s'agit de la D8 GTO qui délivre pas moins de 380 chevaux. Autant dire qu'il faut avoir le cœur bien accroché. L'avenir de Donkervoort est relativement serein mais stable.

Ses secrets pour réussir
De l'audace bien sûr mais aussi avoir su tirer parti d'un échec pour le contourner en un changement de vie souhaité sûrement depuis bien longtemps !


Anecdote
Donkervoort, c'est une histoire familiale. Joop travaille avec sa femme, sa fille et son fils.


Citation
"No compromise" : avec ses voitures dépouillées, pas de compromis possible ! Les Donkervoort sont d'authentiques voitures à sensation.

Histoires de constructeurs automobiles #7

Dates
Né le 8 août 1875 à Hiroshima et mort le 27 mars 1952 à Hiroshima.

Sa passion
Rien ne destinait Jujiro Matsuda à produire des voitures. La preuve, c'est qu'il ne connut aucunement les modèles qui ont fait la gloire de cette marque. Mazda est par ailleurs le nom d'un dieu et se rapprochait de son nom de famille, d'où l'adoption définitif de ce nom au début des années 1930.

Sa marque

Cet homme habile de ses mains commença par travailler dans un magasin de forgeron, à Osaka. À 20 ans seulement, il monte sa première entreprise et cumule pas moins de 50 employés. Le contexte est difficile et l'échec est inévitable. Une seconde entreprise, montée avec son frère, connaitra un bien meilleur destin, avec notamment la création d'une pompe réputée : la Matsuda Pump Partnership. 4 000 employés travailleront pour lui à la conception d'obus d'artillerie. En difficulté, Jujiro Matsuda reprend une fabrique de bouchons... Les premiers tricycles, basées sur des motos auront un beau succès. Un seul modèle à 4 roues sera connu par Jujiro : le Type CA, un petit utilitaire au style proche d'une Jeep Willys. Matsuda décedera peu de temps après en 1952.

Ses secrets pour réussir
Si Jujiro Matsuda n'a pas connu les modèles qui ont fait la gloire de son entreprise, il en a néanmoins été porteur d'une philosophie : celle d'essayer de toucher à un maximum de domaines pour toujours progresser et avancer. La qualité primait dans les productions et il a su adapter les activités de son entreprise aux besoins de la population.


Anecdote
La première vraie voiture Mazda, la R360 verra le jour 8 ans après la mort de Jujiro Matsuda, en 1960. Mazda est aujourd'hui le treizième plus important constructeur automobile dans le monde en terme de ventes.

Source informations : jl.aichholzer.free.fr/

Histoires de constructeurs automobiles #7

Dates
Né le 11 juillet 1881 à Paris et mort le 27 juillet 1976 à Nice.

Sa passion
Lucien Rosengart est né à la bonne époque : aux tout-débuts de l'automobile. En 1900, il comprend que ce domaine est appelé à évoluer rapidement. Il ouvre alors avec son frère un atelier à Bonneville, en Haute-Savoie, où il fabrique et vend des vis, écrous et rondelles. Les commandes particulières affluent et l'entreprise prospère rapidement, avec 10 ouvriers. Le développement est croissant et il commence à toucher le domaine de l'automobile, en travaillant sur des Delage. Dès lors, plus rien n'arrêtera Lucien Rosengart. Il s'inspire d'Henri Ford pour mener avec brio son entreprise. Le succès est instantané.

Sa marque
Au départ, l'usine Rosengart ne propose qu'une seule voiture, avec une carrosserie. Les commandes explosent. La marque est alors au plus haut de sa forme, elle évitera même à Peugeot une faillite quasi certaine en 1923. La gamme Rosengart est alors diversifiée et mise sur l'élégance et la raffinement. Ces modèles sont appréciés pour leurs performances et Lucien ne se prive pas pour promouvoir ses modèles qui passent avec brio même les tests les plus impitoyables. C'est lui qui convaincra Citroën d'adopter la traction avant. Il devancera même la marque aux chevrons en présentant la SuperTraction qui connaitra un succès qui n'est plus à démontrer ! L'après-guerre sera néanmoins fatale à Rosengart. Citroën ne fournit plus de motorisation. Les "gros" modèles ne se vendent plus. Lucien Rosengart jette l'éponge.

Ses secrets pour réussir
De l'audace, une très bonne communication et un perfectionnement tel qu'il possédait une parfaite confiance en ses productions. Il a aussi su diversifier ses activités quand cela était nécessaire.


Anecdote
Lucien Rosengart a acheté la licence du moteur avant Adler en Allemagne, qu'il fit rapidement tester à André Citroën pour le convaincre de l'adopter sur sa production et ainsi augmenter ses bénéfices et la rentabiliser.


Citation
"Je peux monter dans n'importe quelle voiture française, elle aura toujours une pièce signée Rosengart". En plus d'être véridique, cette citation témoigne du pouvoir de Rosengart dans l'industrie automobile française.

Source informations : club-l-rosengart-france.com


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