Porsche 924 2.0 litres : la Porsche du pauvre ?

Porsche 924 2.0 litres : la Porsche du pauvre ?

La Porsche 924, peu de porschistes l'ont dans leur cœur. Pour ma part, c'est un modèle qui m'a toujours intrigué et que j'ai souhaité approcher de plus près. Plus qu'un shooting, c'est un essai que nous vous proposons puisque j'ai pu prendre les commandes de la belle. Un exemplaire dans un état remarquable... Et qui ne m'a pas laissé indifférent...


Porsche 924 2.0 litres : fiche technique

1975 - 1989
  Dimensions4,21 x 1,68 x 1,27 mètre
  Poids1 130 kg
  Boîte de vitesseManuelle, 5 rapports
  TransmissionPropulsion
2.0 litres
4 cylindres en ligne

125 chevaux
165 Nm
9CV
  0 à 100 km/h9"6
  Vitesse max.204 km/h
  Consommation9.2 L / 100 km
  Côte moyenne6 000 €
Porsche 924 2.0 litres : la Porsche du pauvre ?

La Porsche du peuple

En 1972, Ernst Fuhrmann devient directeur de Porsche. Pour lui et comme pour beaucoup, on imagine assez mal l'avenir de la 911. Divers projets sont alors envisagés, pour élargir la gamme Porsche, vers le haut (928) et vers le bas. Il y avait bien la 914, développée avec Volkswagen mais dont les jours sont comptés. La 924 voit le jour en 1975. Celle-ci pioche toujours des composants dans le groupe VAG, mais la ligne est signée Harm Lagaay, designer chez Porsche. Les traits sont typiques des années '80, avec des lignes carrées - pourtant vendues comme inspirées des 356 et 911 - et les phares escamotables. Elle plaît au public et certains détails, comme la lunette arrière incurvée, font sensation. La 924 est une voiture à la mode, qui permet à beaucoup de devenir propriétaires d'une Porsche sans devoir vendre un rein. Du côté des propriétaires de 911, en revanche, on voit d'un assez mauvais œil, la démocratisation des Porsche !

Porsche 924 2.0 litres : la Porsche du pauvre ?Porsche 924 2.0 litres : la Porsche du pauvre ?

De nos jours, les Porsche 924 passent relativement inaperçues. La plupart ne sont plus en circulation puisqu'il y a encore quelques années, un modèle en état correct pouvait s'échanger contre 800 ou 1 000 €. De nombreux exemplaires n'ont pas reçu un entretien digne de ce nom et ont fini au broyeur. Aussi, la Renault Fuego, qui dispose d'une ligne assez proche de l'Allemande, n'a pas arrangé les choses, en froissant quelques égos. Heureusement, certaines 924 ont été précieusement conservées et entretenues. C'est le cas de ce modèle de 1984, à l'historique limpide et dont toute la partie mécanique est neuve. Pourtant, il s'agit du modèle d'appel, doté du 4-cylindres de deux litres à aspiration naturelle. Un modèle très rare de nos jours qui a inauguré une nouvelle ère chez le constructeur de Stuttgart : celle des Porsche à moteurs avant (PMA pour les intimes).

Porsche 924 2.0 litres : la Porsche du pauvre ?

Une voiture plaisir

Notre 924 d'un jour fait partie des dernières produites, on la reconnaît notamment à son spoiler de coffre noir, qui lui donne un côté un peu plus trapu. C'est une belle voiture, dessinée avec soin et qui vieillit relativement bien. Un design agressif, sans aller dans l'excès et toute une panoplie de détails à découvrir à l'extérieur comme à l'intérieur. À l'arrière, des feux traditionnels, rectangulaires et des stickers qui fleurent bon les années '80. Je l'aime bien ce design ! Maintenant, voyons les entrailles de la belle. Avant d'aborder la partie purement mécanique, sachez qu'il s'agit d'un modèle pouvant accueillir quatre personnes à bord, tout en offrant un beau volume de coffre. Cela a été rendu possible en disposant le moteur à l'avant désormais. Sur cette structure autoportante, on trouve des pièces Volkswagen ici et là, pour réduire les coûts. Il en découle une tenue de route remarquable et une voiture orientée vers le plaisir de conduite. Mais qu'en est-il de la philosophie Porsche ? A-t-elle l'âme des modèles de la marque ?

Porsche 924 2.0 litres : la Porsche du pauvre ?Porsche 924 2.0 litres : la Porsche du pauvre ?

Il suffit de prendre place à bord pour s'en convaincre. Cet exemplaire dont la mécanique est neuve marche bien. Très bien même. Dès le premier tour de clé (à droite !), le 4-cylindres fait entendre ses premières vocalises. Un chant rauque et très sympathique, bien que différent du Flat-6. Bon, c'est une voiture ancienne, la conduite est différente des modèles plus contemporains. Cela à son charme. Le 2.0 litres 8 soupapes s'élance rapidement. À bord, tout tremble, on ressent la voiture et la route. Cette propulsion à moteur avant offre un mélange enivrant. L'accélération est franche, la boîte de vitesse à 5 rapports (4 sur les premiers millésimes) demande un petit temps d'adaptation, mais elle permet d'abattre le 0 à 100 km/h en moins de dix secondes. Les reprises sont aussi d'un bon niveau, c'est une voiture qui se conduit dans les tours, le plaisir d'un moteur atmosphérique. Les 125 chevaux et 165 Nm de couple sont bien présents, aucun doute. Pour un moteur d'entrée de gamme, c'est amplement suffisant. Seul surprise : le freinage peu mordant - bien que neuf - qui est dû aux freins à tambour à l'arrière.

Porsche 924 2.0 litres : la Porsche du pauvre ?

Simple, mais efficace

À bord de la Porsche 924, on accède à une planche de bord au design très classique, avec trois imposants cadrans juste derrière le volant. La touche Porsche se repère sur le centre du volant ou bien depuis l'élégant logo argenté sur le couvercle de la boîte à gant. Les sièges semi-baquets sont fermes et enveloppants tandis que la position de conduite jambes tendues met déjà dans l'ambiance. Au niveau de l'équipement, il est assez pauvre de série, mais pouvait être enrichi d'un long catalogue d'options. Le modèle que nous avons ici disposait notamment des vitres électriques. Quant aux places arrière, elles sont menues et serviront davantage d'appoint, comme pour la majorité des coupés sportifs. De 1975 jusqu'en 1985, plusieurs évolutions sont venues enrichir la 924 : boîte à 5 rapports, aileron de coffre, modification du train arrière. La 924 S, qui prendra la relève en 1985, fournira jusqu'à 160 chevaux, avec des performances plus démonstratives.

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D'une manière générale, rares sont les Porsche 924 dans un aussi bon état que celle-ci. Les cotes sont donc très basses et l'entretien n'a pas toujours été suivi. Il faut savoir que le moteur d'origine Audi (dont la conception initiale remonte aux années '60) est à la fois rustique et très endurant. À la condition d'avoir reçu suffisamment d'attention. La vidange moteur doit avoir lieu tous les 10 000 km, la courroie être remplacée tous les 80 000 km et certains composants sont fragiles, comme le régulateur de pression. Les pièces de carrosserie sont elles aussi assez onéreuses, tout comme le changement d'un embrayage. Au niveau de l'entretien, c'est du Porsche : très fiable, avec un entretien un peu plus cher que la moyenne. La consommation s'établit aux alentours de 9 litres aux 100 kilomètres en ayant le pied léger. Quant au prix d'achat, il dépend essentiellement de l'état... Comptez jusqu'à 10 000 € pour un très bel exemplaire, mais 1 000 € si une restauration est à prévoir... Avec le coût que cela engendre.

Porsche 924 2.0 litres : la Porsche du pauvre ?
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L'heure du bilan en 5 questions


Une vraie Porsche ?

Oui, sans aucun doute. Porsche ne se résume pas à la 911, c'est une marque qui a testé tout au long de son existence des chemins alternatifs. Aucun n'a connu le succès de la 911 mais ils ne sont ni honteux ni ratés. La 924 est une vraie Porsche.
 

Est-ce une sportive ?

Avec ses 125 chevaux, la Porsche 924 à moteur 2 litres est dynamique plus que sportive. Son poids supérieur à 1,1 tonne lui enlève de l'agilité... Bien qu'elle soit particulièrement démonstrative.
 

Peut-on l'utiliser au quotidien ?

À condition que l'entretien suive, oui. Le confort est suffisant.
 

Quels défauts ?

Du vieillissement principalement, qui impose un entretien très rigoureux. À l'intérieur, il est fréquent que le tableau de bord se fissure à cause de la chaleur. La plupart des vieilles Porsche sont malheureusement concernées !
 

Vaut-elle le coup ?

Oui sans aucun doute ! Mais il ne faut pas s'arrêter au prix d'achat... Il faut impérativement pouvoir assumer l'entretien derrière.

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Faut-il acheter une Porsche 924 2.0 L ?

La Porsche 924 est une voiture réussie, même dans cette version d'appel. Pour en acquérir une, il faudra effectuer de longues recherches car la majorité des exemplaires présents sur le marché de l'occasion ont reçu un entretien insuffisant, qui engendre d'importants frais de remise en état. Comptez 6 000 € pour un exemplaire sain et au-delà si l'état le justifie. Pour finir, cet essai m'a surpris, agréablement. J'y ai découvert une voiture attachante, complète et très homogène dans son ensemble. Une Porsche. Encore merci à Jacques F. pour cet essai marquant !
 

3 arguments3 contre-arguments
Ligne réussie
Tempérament
Position de conduite
Fissure tableau de bord
Freinage perfectible
Très rare en bon état

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