AD79 • Audi RS5 (8T) coupé '11

Thomas DROUART      8 Juin 2015       Audi V8 Allemandes Années '10

AD79 • Audi RS5 (8T) coupé '11

Sorte de croisement hétéroclite entre l'A5 et la R8, l'Audi RS5 bouscule la catégorie des grands coupés en proposant une alternative encore plus radicale à la BMW M3 (E92) dont les mérites sont sans cesse vantés. Et à l'image de cette dernière, la RS5 reçoit la V8 atmosphérique de la S5 mais poussé dans ses derniers retranchements. 450 chevaux de pur plaisir...

 

Fiche technique
 Modèle Audi RS5 coupé
 Moteur 4.2 V8 450 chevaux
 Dimensions 4,65 x 1,86 x 1,37 mètre
 Masse 1 820 kg
 Commercialisation 2010 - 2011
 Côte moyenne 42 000 €
 0 à 100 km/h 4"6
 Vitesse max 250 km/h
 Consommation 10,8 l/100 km
 Date et lieu 16 avril 2015, Mulsanne
AD79 • Audi RS5 (8T) coupé '11

Commercialisées depuis 2007, l'Audi A5 et sa déclinaison semi-sportive S5 ont trouvé leur marque dans le créneau des grands coupés dynamiques. Mais sans toutefois oser la radicalité et tenter de concurrencer la BMW M3 naissante ou la Nissan GTR qui arrive également cette année-là. Mais ce n'est qu'en 2009 qu'est présentée l'offensive aux anneaux. Sans surprise, elle fait partie des modèles "Rennsport", débutés en 1994 avec la RS2. Cette RS5 s'affranchit du politiquement correct, la recette est à-l'ancienne mais remise au goût du jour : un vigoureux V8 atmosphérique retravaillé pour délivrer 450 chevaux. C'est 30 chevaux de plus que le coupé munichois, mais est-ce suffisant pour faire la différence ? Alors que la S5 jouait encore dans la catégorie des "GT" en laissant primer le confort aux performances brutes.

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Oubliées, les fioritures. La RS5 est plus trapue, avec un pare-choc avant plus imposant et des grandes aérations pour laisser respirer le V8. Les anti-bouillards sautent par la même occasion. La grille à niz d'abeille de la S5 est redessinée et reçoit un fond noir (bord chromé possible). Si le style est plus affirmé, on regrette en revanche le style assez proche par rapport aux modèles S-Line... Mais un examen plus attentif note la présence d'ailes élargies, de rétroviseurs couleur alu (dont l'exemplaire illustré n'en bénéficie pas car il a l'option rétroviseurs couleur carrosserie) ou encore de jantes alliage d'un beau diamètre (19 pouces de série, 20 pouces en option).

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La ligne du RS5 inspire davantage la sportivité que sa consœur S5 grâce notamment à l'aileron rétractable qui finit la ligne où encore les jantes Rotor. À noter que la RS5 telle que présentée ici n'a été commercialisée que durant un an, de 2010 à 2011 avant de bénéficier du restylage apporté à l'A5. Les phares seront alors entièrement redessinés pour un regard encore plus affirmé. Revenons à notre RS5 phase 1, s'agissant d'un modèle RS5, la firme d'Ingolstadt ne pouvait se satisfaire d'une S5 optimisée. Le V8 4.2 litres reçoit un traitement esthétique, avec des culasses rouges mais aussi interne, avec un régime maximal réhaussé et une nouvelle gestion électronique Bosch. Ce moteur provenant de la R8 V8 bénéficie ainsi de 30 chevaux de plus pour un total de 450. Un simple appui sur le bouton Start donne un rapide aperçu du potentiel de cette RS.

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Avec une telle puissance et une mécanique aussi noble qu'un V8 atmosphérique, on peut s'attendre à avoir affaire à une véritable sportive, une bouffeuse de bitume, bien loin de la trop timide S5. Mais le résultat est plus nuancé. L'Audi RS5 est une fabuleuse machine, c'est certain, la sonorité en est le parfait témoignage mais il se dégage rapidement la même sensation que la S5 à bord : tout ça ! Certes les sièges baquets en cuir Nappa fin surpiqué apportent une touche sportive sympathique mais l'équipement demeure toujours aussi généreux et complet. La transmission, exclusivement intégrale n'est pas là pour rassurer. Les aides à la conduite sont bien là mais déconnectables et un mode de conduite vous permettra même de définir vos propres paramètres pour une conduite "à la carte". Tout cela masque une inévitable prise de poids, flirtant avec les 1,8 tonnes. Par conséquent, l'image de sportive brute est égratignée.

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Pourtant, Audi a misé sur l'innovation pour dynamiser sa nouvelle RS. La répartition du couple (initialement 40-60%) peut s'ajuster à la demande et le différentiel central à pignons en couronne est plutôt efficace et offre une direction très précise et incisive. Bien installé dans le siège baquet, l'accélération est saisissante et aussi violente que dans une R8. Mais la comparaison s'arrête malheureusement là. L'A5 est haute et lourde et cela se ressent, l'agilité semble bien à la peine malgré l'abaissement de 20 mm du chassis. Les 430 Nm et 450 chevaux sont bien présents, mais étouffés. La boîte DSG7 est efficace et les palettes au volant sont vraiment plaisantes. Le 0 à 100 km/h se fait en seulement 4,6 secondes et la vitesse de pointe, bridée, culmine à 250 km/h. L'Audi RS5 ne manque clairement pas d'argument, s'il n'y avait ce problème de poids.

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Les jantes Rotor en 20 pouces sont une option assez prisée. Ce modèle, inaugurée sur l'Audi TT-RS a rapidement pris de l'ampleur puis a intégré toute la gamme, remplaçant les jantes à sept doubles-branches de l'Audi RS4 (B7). Les freins à disques carbone-céramique, à l'avant uniquement, sont facturés 7 200 € mais apportent un freinage plus endurant et vraiment incisif. Toutefois, le coût de remplacement peut vraiment dissuader, si ce n'était pas le cas au moment de l'achat. Toujours est-il que la RS5 ne déçoit pas au niveau de ses performances, le travail réalisé par les ingénieurs démontrent un certain savoir-faire, que l'on retrouve sur l'intégralité des modèles siglés RennSport.

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À l'arrière, on distingue la présence d'un diffuseur plus proéminent que celui de la S5, comportant deux copieuses sorties d'échappement, chacune d'un côté, marque de fabrique des modèles RS. Un arrière simple mais efficace et plus discret que celui d'une M3, étonnament, ce qui est plutôt l'inverse de l'avant. L'aileron escamotable se déploit à une vitesse supérieure à 120 km/h et se referme en dessous de 80 km/h. Pour avoir pu tester une RS5 sur circuit il y a deux ans, nous avons été globalement séduit par ses performances mais un peu déçu par l'agilité, très nettement inférieure à celle de la R8, que nous avions testée juste avant. Mais avant cela, le fait que la RS5 soit très (trop ?) aseptisée nous avait déjà déçu.

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Il ressort de l'Audi RS5 le sentiment d'une voiture aboutie, tanguant entre le confort et le suréquipement d'une GT et la radicalité d'une sportive. Tandis que la S5 semblait à mi-chemin, la RS5 joue davantage dans la deuxième catégorie. Il ne lui manque qu'un poids plus limité pour augmenter encore plus le plaisir. Car hormis cela, le V8 atmosphérique ne manque aucunement de vigueur, les 100 chevaux de plus par rapport à la S5 change fortement son comportement et en font une rivale de premier choix face à la M3 et la C55 AMG, même si cette dernière n'arrivera en version coupé qu'en 2011.

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Faut-il acheter une Audi RS5 ?

Sportive accomplie, l'Audi RS5 veut faire plaisir. Son V8 atmosphérique n'est pas avare en sensation et en sonorité. Sa ligne est réussie et reprend toute la panoplie des accessoires RennSport. Quant aux performances, elles ne déçoivent pas, l'ensemble est rudement efficace et inspire confiance. Il ne lui faudrait qu'une cure d'allègement pour atteindre un niveau encore supérieur. La belle allemande se trouve ainsi pénalisée par son embonpoint et sa hauteur de caisse haute. La consommation moyenne est établie à 11 litres aux 100 km mais peut facilement doubler si appui prolongé sur la pédale de droite...
 

3 arguments
3 contre-arguments
Ligne réussie
Équipement riche
Intérieur de qualité
Trop aseptisée
Poids élevé
Ligne vieillie depuis la phase 2


Référence article : AD79 • Version 3.1


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