AD19 • Dodge Viper SRT-10 roadster '03

Thomas DROUART      3 Avril 2016       Dodge V10 Américaines Années '00

AD19 • Dodge Viper SRT-10 roadster '03

Les voitures américaines ont toujours joué la carte d'une certaine originalité et quelques fois celle de la démesure. Mais quand on parle de Viper ou de Corvette, on entre dans un autre registre, celui d'icône. Nous verrons aujourd'hui la Viper SRT-10, introduite en 2003 renfermant un imposant V10. Statutaire, rare et ô combien désirable, revue d'une américaine qui ne manque pas de piquant.

 

Fiche technique
 Modèle Dodge Viper SRT-10 roadster
 Moteur 8.3 V10 507 chevaux
 Dimensions 4,46 x 1,91 x 1,21 mètre
 Masse 1 545 kg
 Commercialisation 2003 - 2008
 Côte moyenne 45 000 €
 0 à 100 km/h 4"6
 Vitesse max 302 km/h
 Consommation 19,1 l/100 km
 Date et lieu 30 mai 2014, Mayenne
AD19 • Dodge Viper SRT-10 roadster '03

Diabolique. On entend parfois que le mal est l'ennemi du bien. C'est partiellement vrai, mais dans le cas d'une Viper, c'est pleinement le cas. Il faut dire que le modèle que nous avons ici est une Dodge Viper SRT-10. Un monstre diabolique dont les origines remontent à 1992. C'est à ce moment-là que la première génération de Viper voit le jour, suivie d'un restylage. L'ensemble restera présent jusqu'en 2003. Pourtant, rien n'était gagné car l'image de Dodge était, auparavant, celle d'une marque vieillissante, démodée et moyennement finie. La SRT-10, qui arrive en 2003 change complètement la donne. Sa ligne est encore plus fluide mais aussi plus massive. Son but ? Bouffer de la Corvette, tout simplement, mais aussi arriver en Europe, où la Viper n'a pas eu le succès escompté. La Viper SRT-10, que nous avons ici, est la parfaite illustration de la voiture plaisir : une ligne musclée, un moteur très puissant et noble, une boîte de vitesse manuelle et des performances épicées.

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Tout pour plaire. La Viper SRT-10 n'est proposée dans un premier temps qu'en roadster. Pour un peu moins de 100 000 €, il est possible de profiter d'un élégant roadster, aux traits tirés. Le style est moins exhubérant que les Viper RT/10 et GTS qu'elle remplace. Le public est très réceptif, surtout les américains à cette nouvelle génération. Il faut dire que la belle a tout pour plaire, on l'imagine volontiers longer les bords de mer californiens. Si la première Viper disposait d'un style assez abrupt, la nouvelle se veut plus traditionnelle. Exit l'arceau, la SRT-10 est désormais un vrai roadster. Les aérations sont multiples mais nécessaires pour refroidir l'imposante mécanique, dont nous aborderons les qualités un peu plus loin dans l'article. Quant à l'appellation SRT-10, elle s'explique par "Street and Racing Technology", un blason qualifiant les versions sportives de la marque, et le 10 pour le nombre de cylindres, tout simplement.

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Massive. La Viper SRT-10 est posée sur quatre jantes chromées en 19 pouces, une belle monte qui impressionne surtout à l'arrière, avec des pneus atteignant 345 millimètres à l'arrière. Comme la précédente génération, la SRT-10 dispose de six écrous centraux, ce qui rappelle l'univers des 4x4 et camions où cette disposition est fréquemment utilisée. L'ensemble est très marquant et ferait presque passer une Porsche 911 pour un modèle sobre. Malgré un style assez massif, la Viper est harmonieuse, avec des volumes bien dessinés et une aérodynamique honorable. Les modèles européens reçoivent deux doubles sorties latérales tandis que les modèles américains, une seule, positionnée de chaque côté le long des bas de caisse.

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Pas d'aide à la conduite. Initialement, cette Viper ne devait pas être importée en Europe, tout simplement parce qu'elle ne répond en rien aux attentes des européens : elle est voyante, sa finition n'atteint pas les standards traditionnels, sa consommation est élevée, sa puissance délirante... Mais c'est ce cocktail qui la rend si désirable et qui fait que bon nombre de passionnés se sont laissés séduire. Dodge n'a pas eu le choix : l'importation des Viper fut officialisée. Ce qui plaît, c'est le concept de sportive à l'ancienne : aucune aide à la conduite, pas de boîte automatique, juste l'ABS. Il faut donc apprendre à dompter la bête avant de tenter la moindre arsouille sous peine de perdre rapidement le contrôle. Aux antipodes des sportives concurrentes, la Viper SRT-10 a son propre caractère, elle se pilote davantage qu'elle ne se conduit et c'est bien là son principal atout.

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Sportive pure et dure. Au niveau du châssis, la Viper SRT-10 a été entièrement revue et la belle américaine témoigne d'une excellente tenue de route. Elle paraît très permissive mais attention aux apparences car la limite ne doit surtout pas être franchie. Rien n'est présent pour rattraper l'erreur. En sportive pure et dure, elle se conduit à l'ancienne mais offre un bon confort. Les suspensions sont tout à fait correctes et le train avant est relativement précis. Le freinage est mordant, mais on n'en attendait pas moins avec quatre disques ventilés de 355 millimètres avec étriers à quatre pistons. Le poids est élevé, avec plus de 1,5 tonnes mais la belle reste agréable à manier et offre de véritables sensations. Assis au ras du sol, la Viper SRT-10 réveille les sens et séduit par sa sonorité envoûtante et ses accélérations franches. Pas aseptisée pour un sou, elle est capable de vous coller au siège. Pour notre plus grand plaisir.

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Mécaniquement noble. Sous le capot : une noble mécanique. Le V10 de la précédente Viper est reconduit mais avec une cylindrée encore plus haute, portée à 8.3 litres. Un record pour une voiture de série. Inéluctablement, le couple est gargantuesque avec 712 Nm. La poussée semble sans fin, et les 505 chevaux répondent tous présents. Quant à la sonorité... Que dire. Pas besoin d'autoradio ni même quelconque dispositif audio : ce V10 chante à la perfection. Un spectacle inlassable qui ferait paraître n'importe quelle autre voiture insipide. Très esthétique, ce V10 atmosphérique s'habille d'un élégant cache rouge siglé Viper. La boîte de vitesse manuelle, seule proposée, est assez bien étagée mais aurait mérité quelques peaufinements. Quoiqu'il en soit, cette Dodge ne rechigne pas à l'accélération puisqu'elle avale le 0 à 100 km/h en 4,8 secondes. Le tout avec des sensations bien plus fortes qu'aucune concurrente aseptisée ne saurait distiller.

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Un peu gourmande. Véritable œuvre d'art, ce V10 est directement tiré des picks-up Dodge. Il a été ré-étagé afin d'offrir une meilleure course et un alésage plus adapté à une voiture de sport mais il conserve son aspect initial plutôt orienté utilitaire. Et les V10, sur une voiture de sport, c'est relativement rare, surtout en 2003. Il y avait bien la Lamborghini Gallardo, mais dans un tout autre état d'esprit. Et le public visé n'était absolument pas concurrent de celui qui s'intéresse à la Viper. Quant à la vitesse de pointe, elle est donnée pour 300 km/h. Mais à une telle vitesse, le ravitaillement en carburant deviendra vite un rituel. En effet, en cycle mixte, cette démoniaque américaine demande près de 20 litres de sans-plomb. Et nettement plus lors de forte sollicitation. On a rien sans rien...

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Cheap. Comme toute voiture de caractère, la Viper n'est pas exempte de défauts. Et il suffit de pénétrer à bord pour s'en rendre compte. L'ensemble apparaît de belle facture, avec de beaux sièges baquets, enveloppants et confortables. La planche de bord paraît elle aussi relativement élégante. Mais il faut noter que cet exemplaire a reçu quelques modifications. La console centrale peinte en fait partie, d'origine, l'ensemble est exclusivement noir, et nettement moins aguichant. Les vis sont apparentes à plusieurs endroits. Pour certains, cela complète la panoplie de la voiture abrupte, pour d'autres, c'est un sacrilège. On est en effet bien loin d'une Audi R8 en terme de finition mais il est impossible d'établir une comparaison fondée : ces voitures n'ont rien en commun.

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Pas de superflu. La Viper s'apprécie dans sa globalité avec ses qualités et ses défauts. L'électronique est limitée à bord avec une instrumentation volontairement restreinte et une capote qui déplie et replie manuellement. On comprend alors mieux les intentions des ingénieurs en charge du projet Viper : tout miser sur le plaisir. Et sur ce point, c'est un carton plein...

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De la place. Large de 1,91 mètres, la Viper offre une belle sensation d'espace dans l'habitacle, avec une large console centrale, et très haute qui sépare les deux sièges. Relativement basse, elle impose une légère controrsion pour se glisser à bord. Le volant dénote un peu par son côté un peu cheap mais il se fond dans la masse et ne dénote pas.

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100 000 €. Véritable voiture à sensation, les Dodge Viper SRT-10 étaient vendus neuves aux alentours de 100 000 €. Un prix relativement raisonnable pour une voiture de plus de 500 chevaux. À ce niveau de prix, la concurrence offre une puissance moindre mais un équipement souvent supérieur. Tout est affaire de goût. En Europe, les Porsche 911 Carrera S ont souvent été préférées à la Viper et même à sa cousine Corvette. En Amérique, c'est clairement le schéma inverse.

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Simpliste. L'arrière est assez simpliste, avec un large diffuseur n'incluant pas les sorties d'échappement et un fin aileron directement taillé sur la malle pour augmenter l'appui à haute vitesse. Les feux arborent un design assez conventionnel, inspiré par la première génération de Viper.

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Exhubérante. Les étriers de frein peuvent être rouges ou noirs, suivant l'origine du modèle mais aussi l'option choisi par le propriétaire. Très peu d'options figuraient au catalogue, la majorité des exemplaires étant dans des configurations similaires. Le rouge fut la teinte choisie à l'unanimité, suivi du noir... Et du jaune ! Là encore, les teintes choisies sur une Viper n'ont rien à voir avec celles de la concurrence.

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Le bon compromis. Au final, la Viper SRT-10, c'est clairement un modèle coup de cœur, brut dans sa conception. L'entretien est assez élevé, Dodge n'ayant pas de concession à proprement parlé, il faudra se diriger vers des entreprises spécialisées dans les américaines. À l'achat, il faudra compter entre 40 et 50 000 € suivant l'état du modèle. Attention également au poste consommation...

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Faut-il acheter une Dodge Viper SRT-10 roadster ?


Difficile de cerner précisément la Viper SRT-10. Rappelons que les aides à la conduite sont inexistantes, la rendant plus technique à conduire. Sa consommation forte peut refroidir certains... Mais la belle ricaine est une usine à sensation comme on n'en voit plus. Son V10 est démoniaque et délivre des sensations uniques dans un doux vacarme. Brute mais dotée d'une belle gueule, elle sait faire oublier ses quelques défauts. Exotique, rare et désirable, la Viper SRT-10 a tout du modèle coup de cœur, ce modèle qui la différencie de tous les autres et ferait presque passer un modèle de Stuttgart... pour un modèle commun !
 

3 arguments
3 contre-arguments
Ligne incroyable
Moteur très puissant
Exclusivité
Consommation
Rare
Finition décevante


Référence article : AD19 • Version 3.1


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